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Rachida Triki : “Les œuvres modernes d’artistes majeurs sont celles qui partent en premier”

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La foire Abu Dhabi Art a fermé ses portes le 20 novembre dernier. Cette édition 2022, qui rassemblait 80 galeries internationales, a fait la part belle aux artistes de l’Afrique du Nord avec un focus orchestré par la curatrice tunisienne Rachida Triki.

Vous avez curaté un focus Afrique du Nord au sein de la foire Abu Dhabi Art, comment avez-vous fait la sélection?

Au départ, il était prévu que le focus réunisse des galeries d’Afrique du Nord mais vu le temps requis nous avons décidé de nous limiter au Maroc, à l’Algérie et à la Tunisie. Le choix s’est porté sur des œuvres d’artistes modernes reconnus comme, par exemple, Mohamed Hamidi et sur des artistes contemporains qui ont renouvelé le mode de peindre comme c’est le cas de Imed Jemaiel et Younes Khourassani.

J’ai également tenu à ce que différents médiums et modes de faire soient montrés dans des installations comme c’est le cas des œuvres de Sadek Rahim ou Aicha Snoussi. Ces œuvres répondaient à l’idée de constant renouveau que connaît, depuis plus d’un siècle, la pratique des arts plastiques dans la région. J’ai d’ailleurs intitulé le focus new tomorrows pour signifier ce désir de mutabilité dans la constance à soi que l’on retrouve dans les années 1960 comme dans l’actualité artistique. Mon regret est que des galeries dynamiques qui ont innové ces dernières années dans l’accompagnement de jeunes artistes très prometteurs n’ont pas pu participer à ce focus à cause du coût de location des stands à la foire et de celui du transport des œuvres.

Oeuvre de Younes Khourassani vue sur le stand de la Galerie 38 (Casablanca).

Quelle est la réception des scènes contemporaines du Maghreb auprès des collectionneurs de la région, et principal acheteur de la foire, la famille régnante ?

On peut dire qu’il y a, aujourd’hui, un intérêt pour les scènes contemporaines du Maghreb. J’ai remarqué lors de cette session d’Abu Dhabi Art Fair que les collectionneurs ont eu une réception favorable aux œuvres exposées ; ils ont fait des acquisitions qu’on peut juger d’appréciables aussi bien pour des peintures, des photos que même des installations. Bien sûr, il y a eu des choix  ciblés lorsqu’il s’est agi de collectionneurs d’art contemporain d’Afrique du Nord qui connaissaient bien la scène artistique de la région Nous étions aussi heureusement surpris par le nombre important de visiteurs et leur intérêt spécialement pour ce focus d’autant plus qu’ils ont eu l’occasion de discuter avec  quelques artistes présents qui ont fait le déplacement à Abu Dhabi .

Les artistes modernes du Maghreb et du monde arabe en général connaissent un vrai engouement. Ne pensez-vous pas, à l’instar de la foire de Dubaï, que c’est davantage sur les artistes modernes qu’il faut mettre l’accent dans des foires de cette région ?

Comme dans la plupart des foires, les œuvres modernes d’artistes majeurs sont celles qui partent en premier. Mais spécialement pour les modernes du Maghreb, leur visibilité dans les foires est un phénomène qui commence à avoir de l’importance et qui attire les collectionneurs. Ceci dit, on constate aussi de plus en plus d’intérêt pour le contemporain et pas seulement chez les jeunes collectionneurs. En tout cas, ça a été le cas pour cette foire dont la majorité des œuvres étaient actuelles. Aujourd’hui, les informations circulent très vite et les connaisseurs sont avertis de la valeur des œuvres même les plus récentes.

Propos recueillis par Meryem Sebti

Ouvre de Amina Saoudi sur le stand de la galerie Selma Feriani.
Oeuvres de Slimen El Kamel.
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