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Rencontres de Bamako: Qu’est-ce qui fait photo ?

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Les Rencontres photographiques de Bamako, qui ouvriront leurs portes le 30 novembre prochain, fêtent cette année leurs 25 ans. Aux commandes, le curateur camerounais Bonaventure Soh Bejeng Ndikung invite les artistes à interroger l’acte photographique à une époque de surproduction d’images.

Bamako, c’est la biennale par laquelle les talents se révèlent. Depuis 1994, ce rendez-vous est devenu un incontournable où l’on a vu émerger des artistes comme Samuel Fosso, Athi Patra Ruga, Zanele Muholi ou Omar Victor Diop. Parmi les artistes invités, on retrouvera notamment l’Égyptien Ibrahim Ahmed, récemment vu à la Biennale de Casablanca et à la controversée Biennale de Cuba, Khalil Nemmaoui, Nidhal Chamekh, Fakhri El Ghezal, Badr El Hammami, Mouna Karray, Bouchra Khalili, Yvon Ngassam, Guy Wouete, Mohamed Thara ou encore Fototala King Massassy, dont la série Anarchie productive présentée lors de la précédente édition renouvelait la photographie de studio, très prégnante au Mali.

L’équipe de la 12e édition des Rencontres de Bamako. Photo de Fototola King Massasy.

Les collectifs de photographes seront aussi très présents, parce que « certaines des contributions les plus importantes de l’univers africain en photographie nous viennent de collectifs de photographes, tels que Depth of Field ou Invisible Borders, entre autres », explique le commissaire général Bonaventure Soh Bejeng Ndikung dans sa note d’intention. Le directeur artistique s’est lui-même entouré d’une équipe curatoriale (Aziza Harmel, Astrid Sokona Lepoultier, Kwasi Ohene-Ayeh) et de conseillers artistiques (les photographes Akinbode Akinbiyi et Seydou Camera).

Pour cette 12e édition, Bonaventure Soh Bejeng Ndikung reprend le flambeau après Simon Njami, Bisi Silva, Marie-Ann Yemsi, pour ne citer qu’eux. Car si elle révèle les artistes, Bamako est aussi un passage obligé pour les curateurs africains. Bonaventure Soh Bejeng Ndikung a pensé l’exposition principale autour du concept des « Streams of Consciousness » (courants de conscience), en référence à l’album éponyme d’Abdullah Ibrahim et Max Roach, qui faisait dialoguer en 1977 le compositeur sud-africain et le batteur africain-américain dans une improvisation jazz virtuose.

Musée de Bamako. Photo э Seydou Camara

Ces « courants de conscience », rappelle Bonaventure Soh Bejeng Ndikung, sont ce que le psychologue américain William James identifiait comme le monologue intérieur continu qui parcourt toute conscience. Une fabrique de la pensée que le fondateur de SAVVY Contemporary (Berlin) engage à questionner dans la pratique photographique. « L’instant où la photo est prise est un long moment qui génère ce courant de conscience. Dès que l’attention du photographe est retenue, des associations conceptuelles et esthétiques se mettent en place, de nombreuses références sont invoquées et des situations convoquées. Tous ces préalables participent à la création photographique. Ce qui importe est la façon dont ce qui est perçu de façon sensible déclenche la vision de l’œil intérieur, de la voix intérieure, mettant ce courant de conscience en action. »

Cette édition mettra également au centre le fleuve Niger, berceau de divers courants de pensées et cultures. Une rétrospective de la biennale elle-même à l’occasion de ses 25 ans est également annoncée.

Emmanuelle Outtier

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