Rencontres photo de Marrakech : trop d’amateurisme !

La 4e édition des Rencontres de la photographie de Marrakech, inaugurée du 23 au 27 octobre, laisse un goût amer. Si le programme semblait prometteur sur le papier, une organisation défaillante et un propos curatorial confus en viennent à desservir autant les artistes que l’initiative elle-même. 
« Un évènement international incontournable de la photographie au Maroc » : voici comment se présentent sur leur page internet les Rencontres photographiques de Marrakech. « Une arnaque ! » renchérissent des participants de cette nouvelle édition qui ont souhaité garder l’anonymat. Initiées en partenariat avec Cultures Nomades Production, association fondée en 2004 à Arles par Abdellah Oustad, ces Rencontres offrent un aperçu de ce qu’est un événement organisé avec amateurisme. Si le visiteur arrivant en gare de Marrakech peut découvrir sur le parvis une série de posters photographiques plutôt alléchants – on y croise notamment des images de M’hammed Kilito, Mehdi Aït Mellali ou encore Jean-François Robert –, le reste de la programmation relève du tout-venant. Avec pour thématique transversale – et racoleuse – « Regard de femmes », au singulier, les accrochages dans les différents lieux de la ville manquent cruellement de propos curatorial. Des clichés quasi ethnographiques de la Canadienne Cynthia Benjamin-Cooper occupent un mur à l’étage de l’espace Dada et les oeuvres de la Camerounaise Angèle Etoundi Essamba au Musée des Confluences offrent une lecture littérale du rapport entre le port du voile et l’émancipation féminine en Afrique. Un propos qui n’est pas servi, il faut le dire, par la scénographie d’un dénuement presque parfait. Curatée par Selma Naguib, cette exposition, intitulée « Voiles et dévoilements », ne comporte ni cartel ni texte explicatif en raison, nous dit-on, d’imprévus logistiques. 

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© Toma Gerzha

Un rendez-vous manquéLe comble de l’amateurisme se trouve très certainement au Centre Culturel Mohamed VI – abandonné à quelques médiateurs désengagés – qui accueille, sans vraie distinction d’espaces, trois expositions concomitantes mais sans aucun lien apparent. Des photos de la Chine, pays à l’honneur, sont présentées par les photographes, mais sans éclairage, et certaines se sont déjà décrochées. Les portraits en noir et blanc de Mina Kawachy sont pour la plupart encore au sol deux jours après le vernissage, et certains trônent sans gloire sur des chevalets, sans cartels ni autres formes de présentation. Au milieu de la pièce, des photos en noir et blanc ainsi qu’en couleur du libanais Samir Nicolas Saddi explorent les « Espaces de vie au Liban » entre architecture vernaculaire et moderne. Le traitement réservé aux artistes n’encourage pas les visiteurs à se montrer plus curieux pour découvrir le circuit en espace public ou les propositions au Meydene ou au Sofitel. La frustration est encore plus grande si l’on attendait un vernissage digne de ce nom. En marge des expositions, la Faculté de lettres et de sciences humaines Cadi Ayyad proposait une rencontre-débat avec notamment Mohamed Rachdi, « La photographie et l’intelligence artificielle ». Faute d’une communication à la hauteur de la manifestation, seule une dizaine de personnes ont assisté aux échanges. Alors que Marrakech grouille de monde en cette période de vacances scolaires, ces rencontres photo sont assurément une belle occasion manquée !  La rédactionLes Rencontres de la photographie de Marrakech, jusqu’au 30 novembre 2024, divers lieux dans la ville.

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© Iman Zaoin
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© Julia Kochetova
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© Louise Amelie

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