Retour aux fondamentaux pour 1-54 Marrakech // Back to basics for 1-54 Marrakech

Cette année, 1-54 recentre son format sur La Mamounia avec une forte présence marocaine et le retour remarqué de poids lourds comme Vigo, Gallery 1957 ou Cécile Fakhoury. 
Après avoir testé pendant deux ans une extension de la foire à DaDa, 1-54 se recentre sur la Mamounia. Circulation des publics, concentration des achats, les raisons de ce choix sont connues. DaDa reste toutefois dans le giron de la foire et l’un des lieux pivots de la programmation off, qui fait de 1-54 Marrakech une expérience immersive dans la ville. Il accueille cette année le special project « In Between Blues », une exposition autour de la couleur bleue initiée par le curateur franco-rwandais Roger Karera et le designer ivoirien Jean Servais Somian du collectif Ablakassa.

1-54-Marrakech-2025-VIP-Programme-MONDE-DES-ART-ET-PARURES-TAREK-ALAOUI-L1040015
Performance sonore de Tarek Atoui au Monde des arts de la parure, 1-54 Marrakech 2025. © Adnane Zemmama

Cette 7e édition rassemble donc, du 5 au 8 février, vingt-deux galeries, dont un bon tiers sont marocaines. Loft Art Gallery, habituée à présenter ses artistes phares et bankables comme Mous Lamrabet ou Amina Agueznay, renouvelle sa proposition en accueillant de nouveaux venus, Mehdi-Georges Lahlou et Mustapha Azeroual, aux côtés de Nassim Azarzar et M’hammed Kilito. En parallèle, Azeroual bénéficie d’un solo show à la Maison Denise Masson, présenté par l’Institut français de Marrakech.

Soutiens historiques de la foire, L’Atelier 21 et La Galerie 38 répondent présent : la première avec des artistes confirmés comme M’barek Bouhchichi, Safaa Erruas ou Nabil El Makhloufi ; la seconde avec un stand entièrement féminin. AA Gallery poursuit, de son côté, son travail autour des figures sous-évaluées du modernisme marocain, avec des pièces de Karim Bennani qu’elle fait dialoguer avec l’œuvre abstraite d’Ahlam Lemseffer.La stratégie qui consiste à occuper le terrain, aussi bien dans la foire qu’en dehors, fait des émules. Comme MCC Gallery, Loft Art Gallery et La Galerie 38, L’Atelier 21 propose une exposition croisée autour des œuvres de Yamou et de Nadia Mehadji au Comptoir des Mines, où elle investit un espace. Si les artistes marocains font logiquement carton plein à domicile, figurant aussi sur les stands d’enseignes tunisiennes comme Le Violon Bleu et Lobster Edition, de nouveaux venus apportent leur lot de découvertes : Stanley Wany, qui revisite les archives coloniales au sein de la galerie montréalaise Ellephant, et les scènes de rue de Geoffrey Phiri, présentées par Imvello Art Studio (Zambie).

Entrance-La-Mamounia_1-54-Marrakech-2025.-Courtesy-Mohamed-Lakhdar
À l’entrée de La Mamounia, performance live de l’artiste Omar Mahfoudi.
© Mohamed Lakhdar

Retours et Modernes

Mais ce qui marque sans doute cette nouvelle édition, c’est le retour de la galerie Cécile Fakhoury, qui avait lié dès 2013 son destin à celui de la foire de Touria El Glaoui avant de rejoindre, ces dernières années, les grandes foires généralistes. Elle mise sur de la sculpture, avec une tête-buste stylisée en bois d’eucalyptus de Sadikou Oukpedjo, ou sur les toiles prometteuses de Carl-Édouard Keïta ou d’Elladj Lincy Deloumeaux. Les portraits mélancoliques de ce dernier avaient fait sold out, il y a trois ans à Art Basel Paris, où la galerie présentait un solo show. Le peintre expose également au Monde des arts de la parure (MAP) un nouveau corpus réalisé spécialement à Marrakech pendant une résidence soutenue par Cécile Fakhoury et la Loft Art Gallery. Une autre galerie ivoirienne fait son retour, LouiSimone Guirandou Gallery, tandis que l’espace d’art japonais Space Un propose un stand pluridisciplinaire, notamment composé de céramiques de Barthélémy Toguo.Depuis quelques éditions, 1-54 s’ouvre plus clairement aux Modernes. Le ténor londonien Vigo signe, après une longue absence, un solo show du Soudanais Ibrahim El-Salahi, figure clé de l’École de Khartoum et pilier du modernisme africain. La galerie parisienne Loeve & Co opte de nouveau pour une formule qui avait fait mouche l’an dernier, présentant notamment des œuvres de Roland Dorcély, figure de l’avant-garde haïtienne des années 1950-60, mis en avant lors de l’exposition « Paris Noir » au Centre Pompidou l’an dernier. Nouveauté, elle met en avant l’artiste marocain Mohammed Mrabet, dont l’univers, proche de l’art brut, peine encore à trouver la reconnaissance qu’il mérite au Maroc. 

After two years experimenting with an extension at DaDa, the fair is once again concentrated at La Mamounia. Audience flow and the centralization of sales largely explain the decision. DaDa nevertheless remains within the fair’s ecosystem as one of the key sites of the off-program, which turns 1-54 Marrakech into a broader, city-wide experience. This year it hosts the special project In Between Blues, an exhibition devoted to the color blue, initiated by the Franco-Rwandan curator Roger Karera and the Ivorian designer Jean Servais Somian from the Ablakassa collective.
Installation-Image-2025_1-54-Marrakech-2025.-Courtesy-Mohamed-Lakhdar
Vue de stand 1-54 Marrakech 2025. © Mohamed Lakhdar
The seventh edition, held from February 5 to 8, brings together twenty-two galleries, roughly a third of them Moroccan. Loft Art Gallery, long associated with its star and highly marketable artists such as Mous Lamrabet and Amina Agueznay, freshens its lineup with newcomers Mehdi-Georges Lahlou and Mustapha Azeroual, alongside Nassim Azarzar and M’hammed Kilito. In parallel, Azeroual is the subject of a solo exhibition at the Maison Denise Masson, presented by the Institut français de Marrakech.
Longtime supporters of the fair, L’Atelier 21 and La Galerie 38 are also present. The first shows established names including M’barek Bouhchichi, Safaa Erruas and Nabil El Makhloufi, while the second presents a booth focused on women artists. AA Gallery, for its part, continues its research into under-recognized figures of Moroccan modernism, showing works by Karim Bennani in dialogue with the abstract practice of Ahlam Lemseffer.
The strategy of “occupying the ground,” both inside and beyond the fair, is clearly catching on. Like MCC Gallery, Loft Art Gallery and La Galerie 38, L’Atelier 21 stages a dual presentation of works by Yamou and Nadia Mehadji at the Comptoir des Mines, where it has a dedicated space. And while Moroccan artists understandably dominate at home, including on the booths of Tunisian galleries such as Le Violon Bleu and Lobster Edition, new arrivals bring fresh discoveries. Among them are Stanley Wany, who revisits colonial archives with Montreal- based Ellephant, and Geoffrey Phiri, whose street scenes are presented by Imvello Art Studio (Zambia).
Returns and the Moderns
What arguably defines this edition most is the return of the Cécile Fakhoury Gallery, which tied its trajectory to that of Touria El Glaoui’s fair back in 2013 before moving in recent years toward the major international fairs. She also foregrounds sculpture, with a stylised head-and-bust carved from eucalyptus wood by Sadikou Oukpedjo, alongside the promising paintings of Carl-Edouard Keita and Elladj Lincy Deloumeaux, whose melancholic portraits sold out three years ago at Art Basel Paris, where the gallery presented a solo show. Deloumeaux is also exhibiting at the Monde des Arts de la Parure (MAP), with a new body of work produced during a residency in Marrakech supported by Cécile Fakhoury and Loft Art Gallery. Another Ivorian gallery, LouiSimone Guirandou Gallery, also returns, while the Japanese art space Space Un presents a multidisciplinary booth including ceramics by Barthélémy Toguo.
In recent editions, 1-54 has increasingly opened it self up to Modern art. London powerhouse Vigo marks its comeback with a solo presentation of the Sudanese artist Ibrahim El-Salahi, a key figure of the Khartoum School and a pillar of African modernism. Meanwhile, Paris-based Loeve & Co again embraces the strategy that proved effective last year, showing works by Roland Dorcély, a major figure of the Haitian avant-garde of the 1950s and 60s, whose work was highlighted in the exhibition “Paris Noir” at the Centre Pompidou. As a new focus, it also brings attention to Moroccan artist Mohammed Mrabet, whose art-brut–inflected practice is still awaiting wider recognition in Morocco.
1
Performance Le Miroir (Act I), Miles Greenberg, Palais Badii, 1-54 Marrakech 2025.
© Adnane Zemmama