[Snapshot] Avec Gastineau Massamba, le tissage est un sport de combat

Un artiste | une œuvre. Chaque semaine, diptyk décrypte pour vous les dessous d’une peinture, d’une photo ou d’une installation.

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Gastineau Massamba, 4091973 1, 2019
Technique mixte sur toile, 110 x 215 cm
Courtesy de l’artiste et galerie GVCC

Gastineau Massamba est une drôle de Pénélope. Depuis une douzaine d’années, cet artiste congolais tisse son histoire de l’Afrique, sans défaire son ouvrage, sans attendre le retour du héros. Sans avoir appris à coudre non plus, il a délaissé ses toiles et ses pinceaux par souci écologique, « pour ne plus continuer à polluer l’environnement avec les acryliques et les peintures à l’huile », mais aussi par un désir de liberté, pour en faire une arme de combat. Dans la tribu congolaise des Bateke, ce sont les hommes qui tissent des motifs de père en fils. Massamba, lui, construit des œuvres textiles à mi-chemin de la fresque historique et de la tapisserie. Pour mieux singer le racket de l’Afrique par l’Occident, ses fables apparaissent comme des processions morbides, un carnaval permanent dont les protagonistes se parent de masques inspirés de la statuaire Kongo, « ce peuple vaillant et courageux ».
Marie Moignard

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