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[Snapshot] Carole Benitah : quand tu aimes il faut partir

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Un artiste | une œuvre. Chaque semaine, diptyk décrypte pour vous les dessous d’une peinture, d’une photo ou d’une installation.

CAROLLE BENITAH, LA MÈRE, 2016, PHOTOGRAPHIE NUMÉRIQUE BRODÉE DE FIL DORÉ © CAROLLE BENITAH, COURTESY GALERIE 127

Tel un evergreen, ces standards de la chanson anglophone qui ne vieillissent jamais, Carolle Benitah répète la même rengaine usée mais toujours tenace : « Je veux partir ». Quitter les rives de Marseille où elle a échu jeune fille, où elle s’est faite femme, puis mère… Traverser cette mer protectrice, qu’elle a toujours vue «comme un utérus. Elle est un espace clos, de forme allongée, avec un orifice, des villosités, des cavités et une ouverture donnant sur un océan vaste et plein de possibilités. » Pour aller où ? De l’autre côté ? Retrouver le cocon familial niché dans la baie casablancaise ? Les lycéennes romantiques ne suivent pas les Feuilles de route de Blaise Cendrars, elles se contentent de les déclamer d’un air pénétré: « Quand tu aimes, il faut partir». Carolle Benitah a décidé de rompre. Sectionner le fil qui la (re)tient, émerger de l’étendue liquide, d’un bleu dont la seule constance est la variation de ton.

Marie Moignard

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