Tanger inaugure Dar Niaba

La Fondation Nationale des Musées ouvrait, le 26 septembre dernier, le Musée de l’Histoire Diplomatique du Maroc, un nouvel espace qui étoffe un peu plus l’offre culturelle de la ville. 
Tanger a longtemps été un refuge pour les poètes et les artistes du monde  entier. C’est certainement ce qui a permis à cette ancienne zone  internationale de jouir de tant de vitalité. Ici, l’art et la vie  furent longtemps indissociables. Un exemple en est Dar Niaba, ancien  bâtiment diplomatique dans lequel vécurent les représentants de la légation  française puis de nombreux artistes, dont Matisse et Delacroix. À l’instar de l’ancienne prison du Mechouar devenue Musée de la Kasbah, de la Villa Harris ou du Musée de la Kasbah des cultures méditerranéennes, tous ouverts au public tangérois ces dernières années, Dar Niaba rejoint le giron de la Fondation Nationale des Musées en tant que Musée de l’Histoire Diplomatique du Maroc.

Dar Niaba
Vue du Musée Dar Niaba

Tanger cosmopolite

Les œuvres qui y sont proposées sont un des atouts de ce nouveau musée qui vient renforcer l’offre culturelle déjà diversifiée de Tanger, comme ces mosaïques anciennes qui n’ont rien à envier aux fresques contemporaines. Outre les œuvres orientalistes de José Cruz Herrera ou de Louis John Endres, on retrouvera celles d’Antonio Fuentes, grâce à un legs de la famille de ce peintre inclassable qui se disait « Tangérois de  cœur », legs qui comprend plusieurs autoportraits ainsi que des compositions représentant des lieux emblématiques de la ville, comme son Café Fuentes.

Scénographiées par Isabelle Timsit, les collections du Musée de l’Histoire Diplomatique du Maroc font de l’édifice, entièrement rénové, un havre de mystère et de poésie. Des documents d’archives ainsi qu’une collection d’objets retracent le développement de la ville depuis le règne du sultan Moulay Slimane et nous aident à mieux comprendre un pan important de l’histoire du Maroc. En plus de documenter les réalisations de la ville et sa position dans le réseau complexe des relations internationales et économiques, ces contenus soigneusement choisis soulignent l’importance, encore aujourd’hui, de cette histoire dans l’identité de la ville. Indéniablement, le Musée de l’Histoire Diplomatique du Maroc se veut une capsule intemporelle et un lieu d’alliance entre les différentes cultures et pratiques  artistiques.  Disposant aussi de salles d’exposition et d’ateliers de création, Dar Niaba entend se raccorder à la scène contemporaine tangéroise, aujourd’hui en pleine effervescence et faire le pont entre deux époques.

Achraf Remok

À la une

Vue de la Somerset House lors de la 14e edition de 1-54 Londres

1-54 Londres : l’effet tremplin

Treize ans après sa création, la foire 1-54 a-t-elle réussi son pari ? Pensée comme une plateforme de visibilité internationale pour les galeries et artistes...

Vue du stand de La Loft Art Gallery, Frieze Masters 2026. © David Owens

Londres, hub des modernismes arabes et africains

À Londres, Frieze Masters et 1-54 accordent une place croissante aux modernismes arabes et africains longtemps marginalisés par l’histoire de l’art occidentale. Au-delà de leur...

Vue de l'installation Hold de Tarek Atoui à la Tate Modern. © Tate Photography / Yiil Liu.

Des sons pour les yeux las : Tarek Atoui à la Tate Modern

Dans le Turbine Hall de la Tate Modern, l’artiste libanais Tarek Atoui déploie Hold, une installation sonore immersive dont notre auteure Vamika Sinha livre une...

Toni Maraini enseigne l’histoire de l’art à l’École des beaux-arts de Casablanca, 1965. Photo : Mohamed Melehi, courtesy des archives Toni Maraini.

Toni Maraini, aux avant-postes de la modernité marocaine

L’historienne et critique d’art Toni Maraini, qui enseigna aux Beaux-Arts de Casablanca de 1964 à 1972, est à l’honneur de la 47e édition du Moussem...