Tunisie : un milieu artistique sous pression

La programmation pléthorique qui accompagne la 7ème édition de la Biennale Jaou ne doit pas masquer les difficultés de la scène contemporaine tunisienne. Si les neuf expositions, concerts, performances et rencontres organisés par Les Chichas de la pensée lors du symposium « Re-construire les futurs » du 10 au 12 octobre dernier ont attiré un large public et témoigné de la vitalité culturelle, la réalité demeure souvent plus désespérante. De l’avis de nombreux acteurs de la vie artistique, la liberté d’expression reste menacée par une épée de Damoclès face à laquelle chacun, à sa manière, tente de résister. Le marché de l’art est, selon les mots de la galeriste Aïcha Gorgi, « en berne ». Les rares expositions situées en dehors du circuit de la Biennale – TGM Gallery, galerie Lamia Bousnina ou la Boîte –, semblent autant d’actes de résistance dans un pays marqué par une crise économique et politique dont beaucoup redoutent les conséquences. Occasion de saluer l’espoir que représente la perpétuation de la Biennale Jaou dont l’inauguration aura suivi de quelques jours la tenue de l’élection présidentielle. Mais, pour reprendre les mots de Lina Lazaar, fondatrice de Jaou, « le foisonnement artistique et le pouvoir collectif de création sont là ». Et ils sont à soutenir vaille que vaille !
Olivier Rachet

À la une

Vue de la Somerset House lors de la 14e edition de 1-54 Londres

1-54 Londres : l’effet tremplin

Treize ans après sa création, la foire 1-54 a-t-elle réussi son pari ? Pensée comme une plateforme de visibilité internationale pour les galeries et artistes...

Vue du stand de La Loft Art Gallery, Frieze Masters 2026. © David Owens

Londres, hub des modernismes arabes et africains

À Londres, Frieze Masters et 1-54 accordent une place croissante aux modernismes arabes et africains longtemps marginalisés par l’histoire de l’art occidentale. Au-delà de leur...

Vue de l'installation Hold de Tarek Atoui à la Tate Modern. © Tate Photography / Yiil Liu.

Des sons pour les yeux las : Tarek Atoui à la Tate Modern

Dans le Turbine Hall de la Tate Modern, l’artiste libanais Tarek Atoui déploie Hold, une installation sonore immersive dont notre auteure Vamika Sinha livre une...

Toni Maraini enseigne l’histoire de l’art à l’École des beaux-arts de Casablanca, 1965. Photo : Mohamed Melehi, courtesy des archives Toni Maraini.

Toni Maraini, aux avant-postes de la modernité marocaine

L’historienne et critique d’art Toni Maraini, qui enseigna aux Beaux-Arts de Casablanca de 1964 à 1972, est à l’honneur de la 47e édition du Moussem...