La programmation pléthorique qui accompagne la 7ème édition de la Biennale Jaou ne doit pas masquer les difficultés de la scène contemporaine tunisienne. Si les neuf expositions, concerts, performances et rencontres organisés par Les Chichas de la pensée lors du symposium « Re-construire les futurs » du 10 au 12 octobre dernier ont attiré un large public et témoigné de la vitalité culturelle, la réalité demeure souvent plus désespérante. De l’avis de nombreux acteurs de la vie artistique, la liberté d’expression reste menacée par une épée de Damoclès face à laquelle chacun, à sa manière, tente de résister. Le marché de l’art est, selon les mots de la galeriste Aïcha Gorgi, « en berne ». Les rares expositions situées en dehors du circuit de la Biennale – TGM Gallery, galerie Lamia Bousnina ou la Boîte –, semblent autant d’actes de résistance dans un pays marqué par une crise économique et politique dont beaucoup redoutent les conséquences. Occasion de saluer l’espoir que représente la perpétuation de la Biennale Jaou dont l’inauguration aura suivi de quelques jours la tenue de l’élection présidentielle. Mais, pour reprendre les mots de Lina Lazaar, fondatrice de Jaou, « le foisonnement artistique et le pouvoir collectif de création sont là ». Et ils sont à soutenir vaille que vaille !
Olivier Rachet