TuniSphëre : un festival pour tout reconstruire

Jusqu’au 14 mai se tient la première édition du festival TuniSphëre, dans un quartier périphérique de Tunis. Intitulée Patria Delenda Est, la manifestation convie des artistes internationaux à rencontrer un public trop souvent éloigné des enjeux de l’art contemporain.
Pour l’artiste Amal Ben Attia, directrice artistique de la première édition du Festival TuniSphëre, le constat est amer: « La région MENA souffre énormément. Et c’est peut-être nous-mêmes qui avons engendré cette souffrance. Notre patrimoine part en vrille, tout ce qui se passe est de la destruction massive, notre jeunesse part à la dérive. » Pour contrer ces forces négatives, elle donne aujourd’hui naissance, en compagnie de la galeriste Selma Feriani et de Khansa Gharbi, à l’édition-test d’un festival d’art contemporain dont la dimension sociale et communautaire constitue l’ADN.

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Vue de l’installation de Pascal Hachem.

Amener le public vers l’art contemporain

Situé en périphérie de Tunis, dans le quartier populaire de Bhar Lazrag où s’est constituée ces dernières années une importante communauté artistique, ce festival de proximité convie des artistes marqués par leur engagement social, à rencontrer un public éloigné des rassemblements de l’art contemporain ; à l’image du Marocain M’barek Bouhchichi, de l’artiste libanais Pascal Hachem, de l’artiste visuelle palestinienne Larissa Sansour ou de Zineb Sedira. Les artistes tunisiens Thameur Mejri, Nidhal Chamekh et Malek Gnaoui sont aussi au rendez-vous d’une manifestation dont « les ateliers d’artistes sont la colonne vertébrale », précise Amal Ben Attia.

Intitulée Patria Delenda Est, cette première édition voit les enfants collaborer à travers des dessins avec l’artiste chilienne Catalina Swinburn ou des mères de famille subsaharienne broder sur des paravents leur destin, sous la direction de Pascal Hachem. Pensé pour être itinérant, TuniSphëre se projette déjà dans les éditions futures à travers la préparation d’une vaste symphonie dont le prélude, décrit comme « une décadence grandiose » par les organisatrices, a été donné à entendre lors de l’ouverture. Comme la promesse toujours possible d’un monde à réinventer et à reconstruire.
Olivier Rachet

TuniSphëre, Festival international d’art contemporain, première édition Patria Delenda Est, Quartier de Bhar Lazrag, Tunis, du 6 au 14 mai 2023.
Tout le programme : https://tunisphere.com/

Visuel en Une : Larissa Sansour, In the Future They Ate From the Finest Porcelain. ©Larissa Sansour.

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