À l’espace de la Fondation CDG à Rabat, l’exposition « La pépinière photographique » révèle 5 jeunes photographes marocains sélectionnés par un jury présidé par Jafaar Akil, qui dirige l’association marocaine d’art photographique (AMAP).
Après l’exposition « INBA Génération » consacrée aux lauréats de l’Institut National des Beaux-Arts de Tétouan, en novembre dernier, la Fondation CDG poursuit son soutien à la création émergente en récompensant 5 jeunes photographes par des prix allant de 10 000 à 30 000 dhs. Dirigeant la galerie d’art Espace Expressions CDG, Younès Afsahi explique le repositionnement de la Fondation désireuse aujourd’hui de promouvoir de jeunes talents et de s’adresser à un nouveau public peu enclin à pousser les portes des espaces d’art, mais avide de culture. « L’inclusion est une mission qui nous tient à cœur », souligne-t-il, en évoquant le caractère parfois élitiste des expositions passées.

Pari réussi si l’on en juge par la présence d’un jeune public enthousiaste, venu applaudir les lauréats de cette première édition initiée par l’AMAP. Premier prix, Ismail Jaddi s’attache à travers de subtils jeux de reflet à donner vie à des espaces cadrés avec la précision d’un géomètre.
Lauréat déjà de l’émission Dream Artist, Mourad Fedouache remporte le deuxième prix avec des photos à mi-chemin du documentaire social et d’un réalisme poétique ayant fait ses preuves. Le regard humaniste qu’il porte sur les quartiers populaires et informels est désormais reconnaissable par son souci du détail et une frontalité parfois déconcertante.
Découvert par le Prix Mustaqbal, Iliass Baha remporte un troisième prix largement mérité pour ses compositions aux angles de vue marqués dans lesquelles la ville de Casablanca est peuplée de solitudes anonymes dont seul l’art photographique réussit à capter les apparitions éphémères.

Ce souci de donner à voir la façon dont les corps habitent des espaces géographiques aussi différents qu’Essaouira, Al Hoceima ou Rabat se retrouvent dans les travaux des deux autres lauréats, Hicham Marzougoug et Ibtissam Idrissi. D’une mélancolie séduisante, les clichés de cette dernière frappent par leur dimension introspective et quasi romantique ; témoignage d’une jeunesse ne cachant pas ses inquiétudes face à un monde regorgeant toujours de beautés à explorer. Un palmarès convaincant.Olivier Rachet
