[Work in progress] Le street photographe Yoriyas se confronte au vide

Du confinement, que restera-t-il ? Avec Work in progress, nous vous proposons de plonger dans les travaux et réflexions qui animent les artistes pendant cette période de réclusion forcée.

« Les gens me manquent », reconnaît Yassine Alaoui Ismaili alias Yoriyas. La star internationale marocaine de la street photo vient pourtant de voir son compte Instagram recommandé par le New York Times, comme l’un des cinq comptes à suivre dans le monde. Pas de quoi lui faire tourner la tête, tant celui qui traque l’instant présent dans tout ce qu’il peut avoir d’insolite continue de documenter le quotidien avec passion. Confiné avec sa femme à Assilah, dans une simple maison de vacances, il se plaît, selon ses propres termes, « à documenter le vide » et devient un observateur attitré de la lumière. Attentif à ses variations et à la façon dont elle se projette sur les objets qui l’environnent, Yoriyas scrute les formes inédites qui s’offrent à son regard. Ces jeux d’ombre et de lumière le fascinent par leur inépuisable potentiel créatif : « cela crée parfois des formes et des figures, commente-t-il, qui rappellent la sculpture ». 

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Assilah 2020 – ©Yoriyas
réalisé grâce à « The National Geographic Covid-19 Emergency Fund »

Formes et figures qui lui rappellent sans doute aussi l’univers du hip-hop dont il est issu, connu pour sa créativité acrobatique. Du hip-hop, Yoriyas a surtout conservé l’esprit fraternel et solidaire qui le voit aujourd’hui se démultiplier sur tous les fronts. Il a fondé avec la curatrice Carine Dolek et le photographe Hamza Zidane un concours photographique sur Instagram incitant les internautes à documenter à leur tour leur confinement. Occasion à travers l’hashtag #صور_فدارك de découvrir de jeunes photographes en herbe que Yoriyas a plaisir à parrainer. Il s’apprête, en collaboration avec l’American Language Center de Casablanca, à organiser une master class en ligne pour aider les jeunes photographes dans la réalisation de leurs projets. « Je me sens responsable de la scène photographique au Maroc », explique Yoriyas en mettant en avant le fait que « le développement visuel va de pair avec le développement économique et social du pays ». Ce grand frère doublé d’un globe-trotter infatigable expose actuellement à la Galerie 836 M de San Francisco et au Patrimoine Culturel Mondial Völklinger Hütte, en Allemagne. Il curate aussi une exposition en ligne de photographes marocains dans le cadre de la manifestation Kolga Tbilisi Photo, avec le sens de l’ubiquité de ces danseurs sachant occuper l’espace sans temps mort. Une énergie communicative.

 

Un projet réalisé grâce à « The National Geographic Covid-19 Emergency Fund »

Olivier Rachet

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Assilah 2020 – ©Yoriyas
réalisé grâce à « The National Geographic Covid-19 Emergency Fund »

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Assilah 2020 – ©Yoriyas
réalisé grâce à « The National Geographic Covid-19 Emergency Fund »

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Assilah 2020 – ©Yoriyas
réalisé grâce à « The National Geographic Covid-19 Emergency Fund »

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Assilah 2020 – ©Yoriyas
réalisé grâce à « The National Geographic Covid-19 Emergency Fund »

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