[Work in progress] M’hammed Kilito parie sur la jeunesse marocaine

Du confinement, que restera-t-il ? Avec Work in progress, nous vous proposons de plonger dans les travaux et réflexions qui animent les artistes pendant cette période de réclusion forcée.

Pour M’hammed Kilito, confinement rime avec introspection. Le projet Portrait d’une génération développé au MACAAL à l’automne 2019 et consacré à la jeunesse marocaine est en stand-by. Constitué de trois volets respectivement consacrés aux questions d’identité personnelle, aux jeunes en milieu rural et aux activités pratiquées par les 15-34 ans, ce projet dont le souci documentaire est revendiqué s’appuie sur un rapport publié en 2018 par le Conseil économique, social et environnemental. Littéralement « alarmant », selon les mots de l’artiste, on y apprend notamment que 2/3 des jeunes sont en situation de décrochage scolaire, surtout en milieu rural, que 75% d’entre eux n’ont pas de couverture sociale ou que 82% des activités pratiquées sont non productives. « Il est impératif d’investir dans la jeunesse de ce pays », remarque avec assurance le photographe.

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© M’hammed Kilito

Le temps imposé du confinement permet surtout à M’hammed Kilito de réfléchir au futur projet de publication  qui accompagnera les différentes séries qu’il entend finaliser au plus tôt : « Je m’intéresse beaucoup à la narration visuelle. Mon éducation à l’image s’est faite à partir de livres. » Pour l’heure, le photographe fait un pas de côté et réalise une série inhabituelle où le temps semble se figer et la figure humaine, si centrale dans son travail, déserter. « Pour la première fois, explique-t-il, je photographie en noir et blanc car la situation que nous vivons est plus proche de la fiction que de la réalité. » Ces photographies, prises dans la demeure familiale, sont autant de natures mortes soulignant la fragilité, que l’on avait tendance à oublier, de nos vies.
Olivier Rachet

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Courtesy M’hammed Kilito

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Courtesy M’hammed Kilito

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Courtesy M’hammed Kilito

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Courtesy M’hammed Kilito

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