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1-54 Marrakech change d’envergure

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Avec de nombreux nouveaux exposants, l’édition marrakchie se renouvelle et s’étend désormais à la Mamounia et à DaDa, place Jamaâ El Fna. Un tournant pour la foire qui, cette année plus que jamais, fédère les acteurs culturels du continent.

On ne s’attendait pas nécessairement à une expansion de la foire cette année. Quelques mois après le séisme qui a frappé la région, le contexte n’était pas le plus propice. Mais c’était compter sans la ténacité de Touria El Glaoui pour qui – elle l’affirmait déjà l’an dernier – Marrakech est une priorité. Plus que jamais, le maintien de 1-54 est vu comme une opportunité de participer à la relance économique de la ville. « La foire attire un public international stimulant le tourisme culturel et soutenant l’économie locale, des hébergements aux restaurants », remarque la fondatrice.

Une aubaine dont les acteurs culturels et artistes marocains se saisissent pleinement cette année, où les visites d’ateliers bourgeonnent et le nombre d’enseignes nationales participant à la foire est multiplié par deux – elles sont au nombre de huit cette année. De nombreuses galeries font le déplacement de Casablanca, comme African Arty, CDA Gallery ou So Art. À l’instar de la Galerie 38 l’an dernier, la Loft Art gallery ouvre un second espace pérenne dans la Ville ocre, qui n’a rien perdu de son attractivité, selon sa directrice Yasmine Berrada, qui y juge « le marché plus international qu’à Casablanca ».

Vue du Jardin Majorelle édition 2023 © Adnane Zemmama

Un momentum africain

Ainsi, en plus de La Mamounia, la foire 1-54 investit DaDa à quelques pas de la médina. Non seulement ce nouvel espace permet d’accueillir un tiers d’exposants en plus (27 contre 19 l’an dernier), mais il permettra sans doute d’agrandir le cercle des amateurs et de capter les touristes de la médina. Plus d’espaces, plus de galeries et un line up renouvelé qui voit certains soutiens de la première heure passer leur tour –Nathalie Obadia, Cécile Fakhoury ou Magnin A sont absents – au profit de nouveaux arrivants qui viennent tester pour la première fois le terrain marrakchi, comme la galerie 1957 d’Accra, une habituée des éditions londonienne et new-yorkaise. « Le fait que la foire ait lieu sur le continent est un facteur important pour nous », note son fondateur Marwan Zakhem. Il y vient avec des poids lourds comme la photographe sud-africaine Zanele Muholi, à qui une rétrospective d’envergure à été consacrée à Londres et à Paris, l’an dernier ; ou encore le peintre Amoako Boafo qui affole régulièrement les enchères.

Le profil des exposants change et les enseignes africaines représentent pour la première fois plus de la moitié des participants (quatorze galeries). À quelques mois de la biennale de Dakar, 1-54 fait un focus sur le Sénégal et deux galeries dakaroises entrent dans le bal. Le collectionneur et mécène saint-louisien Amadou Diaw connaît bien la foire pour l’avoir sillonnée lors des éditions précédentes : il revient avec sa galerie M Concept, ouverte il y a un an, pour « contribuer à faire connaître la photographie ouest-africaine. Dans cette visée, 1-54 est une très belle porte d’entrée », note-t-il. Pour Aïssa Dione de la galerie Atiss Dakar, participer à 1-54 c’est aussi « créer des liens plus étroits avec le Maroc » ; et vice versa.

Vue du stand de La Galerie 38, édition 2023 © Adnane Zemmama

Parce que c’est sans doute la tendance la plus marquée de cette 5e édition : la volonté de renouer avec l’ambition initiale de faire de Marrakech un hub artistique pour le continent. Au cœur de cette stratégie, le partenariat avec Black Rock Arts Foundation du peintre-star américain Kehinde Wiley permet de réunir, dans un colloque sur les résidences d’artistes en Afrique, les plus grandes institutions du continent et leurs acteurs pour créer une dynamique de networking. «Notre objectif est de favoriser des contacts de poids entre artistes et institutions africaines », confirme Touria el Glaoui, qui place cette édition sous le signe du soutien aux artistes.

Cette dimension panafricaine impulsée par la 1-54 depuis son lancement à Marrakech en 2018 irradie en dehors de la foire. Ce n’est pas un hasard si le Festival du livre africain se tient en parallèle. Lancé l’an dernier par Mahi Binebine, le FLAM réunit, pour sa seconde édition, des penseurs reconnus comme Ali Benmakhlouf, Souleymane Bachir Diagne ou encore Felwine Sarr, créant un momentum africain autour d’une foire qui montre une vraie dimension de mise en réseau à partir et au-delà du marché.

E.O

8- diptyk édition spéciale février 2024 1-54 Marrakech change d’envergure Avec de nombreux nouveaux exposants, l’édition marrakchie se renouvelle et s’étend désormais à la Mamounia et à DaDa, place Jamaâ El Fna. Un tournant pour la foire qui, cette année plus que jamais, fédère les acteurs culturels du continent. Installation d’Amina Benbouchta au Palais Badii, édition 2023 © Diptyk
Vue d’atelier dans le quartier Hay Hassani, édition 2023. © Adnane Zemmama
Les oeuvres colorées de Hassan Hajjaj se retrouvent au Riad Yima et au Jajjah café. © DR
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