50 ans de création abstraite à la CDG // 50 years of abstract creation at the CDG Foundation

À Rabat, la Fondation CDG retrace un demi-siècle d’abstraction marocaine et affirme sa volonté d’ouvrir une discussion intergénérationnelle avec un jeune public.
À deux pas du Musée Mohammed VI de Rabat, la Fondation CDG présente une rétrospective de l’abstraction marocaine couvrant cinquante ans de création (1968-2020). La démarche vise à créer, selon la Fondation, un dialogue intergénérationnel entre un jeune public marocain et les artistes qui ont façonné l’abstraction au Maroc. L’accrochage suit une logique visuelle où lignes, matières, géométries et variations techniques rythment la visite. Une toile de Malika Agueznay (2010) s’impose d’emblée : son motif d’algue marine, devenu signature, se déploie en un corail vibrant qui danse dans une symphonie de bleus et de turquoises profonds que viennent réhausser de brefs éclats crème, suggérant l’écume. Un peu plus loin, les œuvres de Mohammed Chabâa révèlent l’amplitude de sa palette et de sa technique. En 1989, il joue avec des couleurs libres ; en 2010, il resserre son geste dans un duel tranchant de rouge et noir. Deux toiles qui démontrent l’évolution de son parcours. Au sein de l’exposition, le dialogue entre Miloud Labied et Mohammed Kacimi apporte une densité sombre, faite de matière épaisse et de compositions déconstruites, éclairée par les touches plus vives de Labied. Enfin, une toile d’Abderrahim Yamou, à la limite de l’abstraction et du  figuratif, nous plonge, elle, dans un jardin assez obscur. La nature s’y dessine mélancoliquement, et on se retrouve contemplatif, envoûté par l’ombre d’une figure lointaine qu’on imagine. Au fil de l’exposition se dégagent un usage affirmé du ton sur ton, des contrastes entre mat et brillant et des diptyques ou triptyques qui rythment l’espace. « Abstraction plurielle » met en lumière une abstraction marocaine accomplie, pleinement en phase avec le XXIᵉ siècle bien que portée en grande partie par des artistes ayant façonné la période moderniste. À découvrir jusqu’au 13 décembre. 

Rania Kettani

« Abstraction plurielle », Espaces Expressions CDG, Rabat, du 13 novembre au 13 décembre 2025

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Salah Benjkan, sans titre, technique mixte, 100 × 100 cm
In Rabat, the CDG Foundation is presenting a survey of fifty years of Moroccan abstraction while affirming its aim to open an intergenerational conversation with younger audiences.
Just a few steps from the Mohammed VI Museum, the Foundation is showing a retrospective covering the period 1968–2020. The intention, as the institution explains, is to create a dialogue between Morocco’s young public and the artists who shaped abstract art in the country. The hang follows a visual logic in which lines, materials, geometries and technical variations set the rhythm of the visit.
A canvas by Malika Agueznay (2010) immediately stands out. Her well-known seaweed motif unfolds into a vibrant coral form that seems to move across a symphony of deep blues and turquoises, heightened by brief cream highlights that evoke sea foam. A little further on, the works of Mohammed Chabâa reveal the range of his palette and technique: in 1989, he plays with free, open color; by 2010, his gesture becomes more contained, fixed in a sharp duel of red and black. Together they illustrate the evolution of his artistic path.
Within the exhibition, the dialogue between Miloud Labied and Mohammed Kacimi introduces a darker density, shaped by thick textures and deconstructed compositions, offset by Labied’s brighter strokes. A work by Abderrahim Yamou, positioned between abstraction and figuration, draws the viewer into a rather shadowed garden. Nature appears there in a melancholic form, leaving the viewer contemplative, captivated by the suggestion of a distant, imagined figure.
Throughout the show, tone-on-tone treatments, contrasts between matte and glossy surfaces, and the presence of diptychs and triptychs give the exhibition its structure. Abstraction plurielle brings to light a mature Moroccan abstraction, fully aligned with the twenty-first century, even though it is still largely carried by artists who shaped the modernist period.
On view until 13 December.
Rania Kettani
“Abstraction plurielle,” Espaces Expressions CDG, Rabat, 13 November–13 December 2025
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Mohammed Chabâa, sans titre, 1989, technique mixte sur toile, 148 × 119 cm

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