Record d’enchères pour Melehi chez Sotheby’s

L’art ne connaît pas la crise? En pleine période de confinement, la maison de vente aux enchères londonienne s’adapte et propose des vacations en ligne. Résultats : sa vente dédiée à l’art moderne et contemporain du Moyen-Orient (27- 31 mars) a atteint la jolie somme de 2 193 625 £ (27 858 658 MAD).

La toile The Blacks de Mohamed Melehi remporte un record d’enchères. Cette œuvre de 1963 inspirée par la ville de New York où l’artiste a plusieurs fois séjourné dans les années 1960, s’est envolée à 399 000 £ (5 065 871 MAD), soit près de sept fois son estimation.

Les modernes marocains ont le vent en poupe : la Jérusalem de Farid Belkahia double son estimation pour atteindre les 200 000 £ (2 537 821 MAD). Autres beaux coups de marteau pour l’artiste algérien Mahyeddine Baya ou pour le Syrien Naim Ismail.

Mohamed-Melehi--The-Blacks--1963-est.-55-000-65-000-ConvertImage-ConvertImage
MOHAMED MELEHI, THE BLACKS , 1963, huile sur toile, 126 x 152 cm.

Parallèlement, Sotheby’s orchestrait sa sixième vente d’art africain moderne et contemporain. Sans surprise, les valeurs sûres ont fait carton plein comme la Sud-Africaine Irma Stern ou le Nigérian Ben Enwonwu dont le portrait SEFI de 1953 a trouvé acquéreur à 250 000 £ (3 171 746 MAD). L’attrait du marché pour ce moderne se confirme après la vente record de sa « Joconde africaine », il y a deux ans. Sorti des radars pendant près de 30 ans, le portrait de la princesse nigériane Ife Adetutu Ademiluyi dite « Tutu » était réapparu et vendu alors à plus d’un million de livres.

La vente de deux photos tout en textures de Samuel Fosso et des toiles d’Eddy Kamuanga Ilunga confirme aussi l’intérêt des collectionneurs pour le contemporain africain.
La rédaction

Ben-Enwonwu--The-Yoruba-Princess--est.-200-000-300-000-ConvertImage-ConvertImage
Ben Enwonwu, SEFI, 1953, huile sur toile.

Samuel-Fosso--Le-Chef---Celuia-Vendu-L-Afrique-aux-Colons--Tati-Series--1997--est.-10-000-15-000-ConvertImage
SAMUEL FOSSO, LE CHEF: CELUI A VENDU L’AFRIQUE AUX COLONS, TATI SERIES, 1997, 4 d’une edition de 8, 102 x 102cm.

Eddy-Kamuanga-Ilunga-1-ConvertImage-ConvertImage
EDDY KAMUANGA ILUNGA, KO BUNGISA MBALA MIBALE 3, acrylique et huile sur toile, 150 X 150cm.

À la une

Vue de la Somerset House lors de la 14e edition de 1-54 Londres

1-54 Londres : l’effet tremplin

Treize ans après sa création, la foire 1-54 a-t-elle réussi son pari ? Pensée comme une plateforme de visibilité internationale pour les galeries et artistes...

Vue du stand de La Loft Art Gallery, Frieze Masters 2026. © David Owens

Londres, hub des modernismes arabes et africains

À Londres, Frieze Masters et 1-54 accordent une place croissante aux modernismes arabes et africains longtemps marginalisés par l’histoire de l’art occidentale. Au-delà de leur...

Vue de l'installation Hold de Tarek Atoui à la Tate Modern. © Tate Photography / Yiil Liu.

Des sons pour les yeux las : Tarek Atoui à la Tate Modern

Dans le Turbine Hall de la Tate Modern, l’artiste libanais Tarek Atoui déploie Hold, une installation sonore immersive dont notre auteure Vamika Sinha livre une...

Toni Maraini enseigne l’histoire de l’art à l’École des beaux-arts de Casablanca, 1965. Photo : Mohamed Melehi, courtesy des archives Toni Maraini.

Toni Maraini, aux avant-postes de la modernité marocaine

L’historienne et critique d’art Toni Maraini, qui enseigna aux Beaux-Arts de Casablanca de 1964 à 1972, est à l’honneur de la 47e édition du Moussem...