Pour un nouvel art du signe ?

Driss Aroussi fait appel à ce qui permet de reproduire le réel, comme la photographie, de le saisir, comme la vidéo, et d’en être une concrétion, comme les signes. Le dessin tient aussi une place importante dans son travail, mais, en ce domaine, il faudrait plutôt parler de collage. Lui-même parle de transfert. La photographie chez lui saisit le paysage comme chantier en cours, mais aussi comme friche et plus encore comme reste. Le réel, pour lui, c’est aussi les signes ; ces millions de

signes qui l’organisent, et nous y orientent ; ou pas. Le réel c’est aussi le livre et ses signes qui s’agrègent en lettres, mots, phrases et ponctuations. Pour Driss Aroussi, comme les outils de chantier font le bâti- ment, les signes et les lettres sont la matière qui fait les livres, mais il les conçoit comme des carnets de bord sans texte. 

PHILIPPE CYROULNIK
Extrait du catalogue du 59e Salon de Montrouge, 2014 

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