À Djeddah, la Biennale des arts islamiques entend rapprocher patrimoine et création contemporaine

Pour sa troisième édition, qui ouvrira le 1er novembre 2027, l’Islamic Arts Biennale de Djeddah confie sa direction artistique à quatre curateurs venus de l’art contemporain, de la recherche, des musées et du marché. Une équipe hybride qui dit l’ambition de la manifestation : sortir l’art islamique d’une lecture strictement patrimoniale pour l’envisager comme un champ vivant où objets historiques et pratiques contemporaines se répondent.

Par la rédaction

Biennale des arts islamiques 2025, photo : Marco Cappelletti, courtesy de la Diriyah Biennale Foundation.

Nada Raza, William Robinson, Alain Fouad George et Idries Trevathan : les quatre lead curators annoncés par la Diriyah Biennale Foundation, organisatrice de la biennale des arts islamiques, dessinent à eux seuls le programme de cette troisième édition. Nada Raza, directrice d’Alserkal Arts Foundation, travaille sur les circulations entre péninsule arabique, Asie du Sud et Océan Indien ; William Robinson a dirigé pendant trois décennies les départements d’art islamique et de tapis chez Christie’s ; Alain Fouad George, professeur à Oxford et directeur du Lusail Institute à Doha, est spécialiste notamment de l’époque omeyyade, des premiers manuscrits coraniques et de la calligraphie arabe ; Idries Trevathan, ancien chief curator du centre culturel saoudien Ithra, aborde pour sa part l’art islamique comme une tradition toujours vivante. Chacun concevra une exposition distincte.

On le comprend, ce choix élargit la définition que la biennale entend donner des « arts islamiques ». Il ne s’agit plus de réunir des chefs-d’œuvre issus des grandes collections, mais de les mettre en relation avec des œuvres et des pratiques contemporaines, dans une histoire faite de déplacements, d’échanges et de transformations. La manifestation annonce de nouvelles commandes artistiques et entend approfondir, en 2027, son travail autour du patrimoine immatériel, des communautés et de la résilience.

Biennale des arts islamiques 2025, photo : Marco Cappelletti, courtesy de la Diriyah Biennale Foundation.

Cette logique se prolongera avec AlMadar, plateforme collaborative réunissant institutions et collections d’art islamique, qui doit s’étendre à un dispositif d’archives numérisées et à de nouveaux programmes internationaux. Le AlMusalla Prize, consacré à l’architecture, revient également pour une 2e édition avec un projet consacré à la réinvention des espaces de prière.

Installée une nouvelle fois sous les grandes canopées du Western Hajj Terminal de l’aéroport international de Djeddah, la biennale affirme ainsi un parti pris : penser les arts de l’Islam moins comme une catégorie historique que comme des traditions qui circulent et se réinventent aujourd’hui.

Islamic Arts Biennale, Djeddah, du 1er novembre 2027 au 1er mars 2028.

Biennale des arts islamiques 2025, photo : Marco Cappelletti, courtesy de la Diriyah Biennale Foundation.