À Rabat, les flâneries marocaines de trois photographes

La galerie Banque populaire présente trois photographes qui, tous, prennent comme terrain de jeu la rue pour en dévoiler les moments insolites et la poésie du quotidien. 
Faire « triompher la photographie qui rompt avec le prévisible » : tel est le credo des photographes réunis au sein de l’exposition Fragments de vie à travers trois regards. Montrée à la Galerie Banque Populaire à Rabat, et visible jusqu’au 31 juillet, elle dévoile les travaux de Jaâfar Akil, Mohamed Mali et Jamal Mehssani. Trois artistes, dont le regard singulier raconte une histoire marocaine empreinte de douceur et de contrastes. “Une célébration touchante de l’intimité de l’Homme, de ses tourments, de ses aspirations et de ses défis”, précise Jaâfar Akil. “Chaque image se révèle être une pièce d’un puzzle plus grand, offrant au spectateur le privilège d’une immersion dans un tableau d’art collectif”, ajoute-t-il.

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© Jamal Mehssani

Si les approches et les techniques diffèrent, leurs images convoquent en effet une mémoire collective et plongent les visiteurs dans un Maroc familier et lointain à la fois, à l’instar des clichés surannés de Mohamed Mali, photographe de l’enfance. Dans sa série Réminiscences, il fait appel à notre « insouciance endormie ». Ses noirs et blancs nostalgiques, faits de jeu de billes, de vélos et carrioles dans les rues sablonneuses de Figuig – sa ville natale -, répondent aux portraits et instantanés saisissants de Jamal Mehssani. Photographe et psychiatre, ce dernier met au service de son art, sa « vision aiguisée de la vie contemporaine marocaine ». Quant aux Déambulations de Jaâfar Akil, elles rompent avec les monochromes pour nous embarquer dans « un voyage onirique » aux couleurs chatoyantes. Des scènes insolites du quotidien et des instants volés aux passants habitent ses clichés. Il pense sa photographie « comme une toile vivante, un horizon pictural en mouvement », et semble tisser un lien entre la société d’hier et d’aujourd’hui pour révéler la poésie du changement. 

 Houda Outarahout

  • FRAGMENTS DE VIE – À TRAVERS TROIS REGARDS, Galerie Banque Populaire, Rabat, jusqu’au 31 juillet 2024. 

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© Mohammed Mali

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