Amina Agueznay : tisse sa toile

L’installation monumentale 3ankabouth met en abyme une collection d’ouvrages qui forment une architecture textile presque philosophale. 

Si Amina Agueznay n’en est pas à sa première installation de grande envergure, son travail se déploie ici avec une ampleur singulière tant il a mobilisé de temps, de mains, d’espace et de matière – rien moins que 700 kg de laine. Des limites ont été dépassées, qui doivent beaucoup à sa formation d’architecte et à la qualité d’un collectif « fusionnel » réunissant Mohamed Rachdi, commissaire de l’exposition et responsable du mécénat de la Société Générale, Karim Alaoui, le designer en charge des structures portantes et des vitrines, et bien sûr la fidèle maâlema Malika Benmoumen, qui a coordonné le travail d’une trentaine d’artisanes. Il aura fallu deux mois d’installation pour que l’œuvre prenne sa forme actuelle, articulant en trames successives l’art contemporain à l’artisanat, la laine à l’inox, l’ouvrage manuel à l’ouvrage industriel, le singulier au pluriel, le micro au macro, l’économie domestique à la finance mondiale. 

« Elle intervenait avec son corps »

Il ne faudrait pas s’y méprendre : le nom donné à cette installation virale, 3ankabouth, ne se réfère pas tant à la toile de l’araignée qu’à son mode d’occupation de l’espace, qui requiert de trouver des appuis. En résultent plusieurs œuvres pensées en interaction avec les paramètres du lieu : un paravent géant de cocons conditionnant une autre manière de circuler, des structures coniques de toiles d’araignée, une installation vidéo jouant d’équivalence avec le pixel, une métaphore de métier à tisser vertical, des bancs de contemplation, ainsi que des vitrines exposant les matrices de l’œuvre : des bijoux en sabra, ainsi qu’une sculpture en bronze des mains d’Amina Agueznay et de Mohamed Rachdi.

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Retrouvez la suite de l’article dans le numéro #34 de Diptyk Mag disponible en kiosque et en ligne >> https://www.relay.com/diptyk/numero-courant-1254.html

Amina Agueznay, «3ankabouth»,
Grand atrium de la Société Générale, 
55 boulevard abdelmoumen, Casablanca,
jusqu’au 30 septembre.


Un article de Corinne Cauvin

Amina Agueznay : tisse sa toile
Guy Limone, Des migrants dans le monde sont des Marocains, 2009, 1500 éléments en plastique peints enfilés sur un fil de pêche, hauteur 4,8 m Courtesy de l’artiste © Fouad Maazouz

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