De Rabat à Dakar, de Paris à Bruxelles et jusqu’à Abu Dhabi, expositions, biennales, foires et ouvertures de musées vont rythmer les prochains mois. Notre sélection des rendez-vous qui compteront cette rentrée.
Par la rédaction
Daoud Aoulad-Syad au MMVI
Le Musée Mohammed VI consacre en novembre une exposition à Daoud Aoulad-Syad, figure majeure de la photographie marocaine. Depuis les années 1980, le photographe et cinéaste pose son regard sur la société marocaine, ses marges et sa culture populaire. Forains, artistes de rue et figures anonymes traversent une œuvre attentive aux gestes, aux lieux et aux vies ordinaires. L’occasion de (re)découvrir plus de quatre décennies de création.
Daoud Aoulad-Syad, à partir de novembre, MMVI, Rabat.
Hassan Hajjaj + Acid Arab à la Cité de la musique
Hajjaj, aka « Andy Wahloo » selon un bon mot de son ami Rachid Taha, présente au Musée de la Musique « My Rock Stars », un ensemble de portraits pop des chanteurs et musiciens qui ont jalonné son parcours. On y retrouvera sa célèbre série Gnawa Connection, commencée dans les années 1990, qui rend hommage aux grands maîtres gnawa. Les accessoires utilisés par l’artiste dans ses compositions (savant détournement d’objets de la société de consommation) viendront « télescoper les instruments du musée dans une démarche joyeusement irrévérencieuse », note la Philharmonie. De son côté, le groupe électro Acid Arab signe un parcours sonore inédit.
Hassan Hajjaj + Acid Arab, « My Rock Stars », du 22 septembre 2026 au 25 avril 2027, Musée de la musique – Cité de la musique, Paris.
Sheila Hicks à Lille
Figure majeure de l’art textile depuis les années 1960, Sheila Hicks investit cet automne l’Atrium du Palais des Beaux-Arts de Lille avec une œuvre inédite. Une exposition qui résonne particulièrement depuis le Maroc : en 1971, à l’invitation du gouvernement marocain, l’artiste avait parcouru le pays pour étudier ses traditions textiles, avant de présenter ses recherches à la galerie Bab Rouah de Rabat.
Sheila Hicks, « Au-delà », du 9 octobre 2026 au 8 mars 2027, Palais des Beaux-Arts, Lille.
La 16e Biennale de Dakar
Annoncée en juin pour novembre, la 16e édition de la Biennale de Dakar se prépare selon un calendrier particulièrement resserré. Sa sélection d’artistes, attendue à la mi-septembre, reste encore inconnue. L’attention se porte donc sur son directeur artistique, Morad Montazami, historien de l’art et commissaire passé notamment par la Tate Modern, auquel revient la tâche de donner sa cohérence à cette édition très attendue.
Biennale de Dakar, du 19 novembre au 19 décembre 2026, Dakar.
Ibrahim Mahama à la Fondation Cartier
Pour sa première grande exposition dans le nouveau bâtiment de la Fondation Cartier, Ibrahim Mahama réunit œuvres inédites et installations emblématiques autour des utopies politiques, culturelles et sociales nées au moment des indépendances africaines. Parmi elles, Parliament of Ghosts, vaste installation conçue comme une chambre parlementaire fantôme, interroge l’histoire politique du Ghana. Fidèle à une pratique fondée sur le collectif et la transmission, l’artiste ghanéen invite neuf autres artistes à dialoguer avec son travail, parmi lesquels James Barnor, Gideon Appah et Zohra Opoku.
Ibrahim Mahama, « Le Temps des récoltes », du 22 octobre 2026 au 28 février 2027, Fondation Cartier, Paris.
Kerry James Marshall au MAM
Depuis plus de quarante ans, Kerry James Marshall interroge la place des figures noires dans l’histoire de l’art occidental et réinvestit, par la peinture, des genres dont elles ont longtemps été absentes. Le Musée d’Art Moderne de Paris lui consacre une vaste rétrospective réunissant près de 70 œuvres, peintures, dessins, gravures et sculpture et permet de mesurer la cohérence comme les évolutions de cette œuvre devenue majeure dans l’histoire de la peinture contemporaine.
Kerry James Marshall, « The Histories », du 18 septembre 2026 au 24 janvier 2027, Musée d’art moderne, Paris.
William Kentridge à BOZAR
BOZAR fait de William Kentridge son grand invité de la saison 2026-2027. L’artiste sud-africain y présentera « I am not me, the horse is not mine », tandis qu’un programme de performances et d’événements prolongera l’exposition avec le Centre for the Less Good Idea, laboratoire artistique qu’il a fondé à Johannesburg en 2016. Dessin, animation, théâtre, musique et performance permettront d’aborder toute l’étendue d’une œuvre traversée par l’histoire de l’Afrique du Sud, la colonisation, la mémoire et les formes de résistance.
William Kentridge, « I am not me, the horse is not mine », du 18 septembre 2026 au 7 mars 2027, BOZAR, Bruxelles.
Kanal – Centre Pompidou ouvre enfin à Bruxelles
Après près de dix ans de développement, KANAL ouvrira ses portes le 28 novembre dans les 40 000 m² de l’ancien garage Citroën de Bruxelles. Partenaire du projet jusqu’en 2031, le Centre Pompidou y présentera une partie de ses collections et concevra deux expositions temporaires par an. Pour l’ouverture, Otobong Nkanga investira le lieu avec une installation participative, tandis que « A Truly Immense Journey » réunira plus de 350 œuvres pour traverser un siècle d’art moderne et contemporain.
Kanal – Centre Pompidou, ouverture le 28 novembre 2026. Exposition « A Truly Immense Journey » du 28 novembre 2026 au 09 janvier 2028, Kanal – Centre Pompidou, Bruxelles.
Frieze et le Guggenheim à Abu Dhabi
La fin de l’année marquera une nouvelle étape dans l’affirmation d’Abu Dhabi comme place artistique internationale. Du 19 au 22 novembre, la première édition de Frieze Abu Dhabi réunira plus de 80 galeries à Manarat Al Saadiyat. Trois semaines plus tard, le 11 décembre, le Guggenheim Abu Dhabi ouvrira enfin ses portes sur Saadiyat Island. Dessiné par Frank Gehry et doté de 11 600 m² d’espaces d’exposition intérieurs, il deviendra le plus grand musée du réseau Guggenheim.
Frieze Abu Dhabi, du 19 au 22 novembre 2026, Manarat Al Saadiyat. Guggenheim Abu Dhabi, ouverture le 11 décembre 2026.
Le mariage maghrébin à l’IMA Paris
Parce qu’au Maghreb, le mariage est autant une célébration intime qu’un événement collectif, l’exposition « Vive la mariée !» réunira des costumes et parures présentés pour la première fois en France et les œuvres de 27 artistes contemporains, principalement des femmes, originaires d’Algérie, du Maroc, de Tunisie et de leurs diasporas. Parmi elles, la Marocaine Ghizlane Sahli présente une installation textile.
« Vive la mariée !», du 29 septembre 2026 au 28 février 2027, Institut du Monde arabe, Paris.
Et aussi:
Londres accueillera les nouvelles éditions de 1-54 et de Frieze tandis qu’à Paris, Art Basel Paris et AKAA rythmeront le mois d’octobre