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Avec Black Rock Global Arts Foundation, coup de projecteur sur les résidences d’artistes en Afrique

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Fondée par le célèbre peintre américain Kehinde Wiley, la Black Rock Global Arts Foundation organise, en partenariat avec la 1-54, un symposium sur la présence grandissante et le rôle des résidences d’artistes en Afrique. Ce projet ambitionne de transformer le rapport du milieu de l’art à l’Afrique de l’Ouest.

C’est un peu la surprise du chef. La Black Rock Global Arts Foundation du peintre Kehinde Wiley s’associe à la 1-54 et organise à Marrakech un symposium sur la présence grandissante et le rôle des résidences d’artistes en Afrique. Une problématique que la Fondation de Wiley connaît bien pour avoir lancée sa résidence Black Rock Senegal à Dakar, il y a 5 ans. Plusieurs grandes institutions du continent – la Fondation H à Madagascar, la RAW Material Company de Koyo Kouoh, la Fondation TGCC ou encore la Yinka Shonibare Foundation (Nigéria) – se rassemblent autour de la table à La Mamounia et à la fondation Montresso. Objectifs : discuter des points de convergence entre le marché de l’art et les résidences d’artistes ou encore des synergies à imaginer entre fondations privées et publiques.

Vue de la résidence Black Rock © 2020 Kehinde Wiley et Black Rock Senegal. © Mamadou Gomis

Pour comprendre ce qu’est Black Rock, sans doute faut-il rembobiner le film sur la carrière de son fondateur et les motivations qui l’amènent à s’impliquer en Afrique. Si Kehinde Wiley a acquis une notoriété internationale en 2018 pour avoir réalisé le portrait officiel du président Obama, son rapport à l’Afrique et au corps noir est constitutif de son parcours.

Figure emblématique de ce mouvement post-colonial d’artistes africains ou de la diaspora qui se réapproprient et détournent les codes de la peinture occidentale pour visibiliser les personnes racisées, le peintre afro-américain part à la recherche de ses racines en 1997, alors qu’il n’a encore que 19 ans, pour aller rencontrer son père au Nigeria. C’est là qu’il fera escale pour la première fois au Sénégal, son tout premier contact avec « le continent », « the motherland ».

En 2006, il initie le projet « The World Stage : France 1880-1960 » où il questionne le rapport de la France, centre de pouvoir de l’histoire de l’art, à son passé colonial. Ce projet l’amène à parcourir la Tunisie, le Cameroun, le Gabon et le Maroc, où il collabore avec le designer Amine Bendriouich dont il fera également le portrait (couverture du Diptyk #19), et sera son premier solo show en France en 2012.

Zohra Opoku dans son atelier à la résidence Black Rock © 2020 Kehinde Wiley et Black Rock Senegal. © Abdoulaye Ndao

En 2019, l’artiste boucle la boucle avec la création de la résidence d’artistes multidisciplinaire Black Rock Senegal à Dakar. Depuis, quatre promotions, une soixantaine d’artistes au total, ont occupé l’opulente villa ouverte sur l’océan et perchée sur des roches noires volcaniques qui lui ont donné son nom.

Chaque année, siègent au comité de sélection de nombreux artistes internationaux ou anciens résidents, curateurs, directeurs de galeries à l’instar d’Osei Bonsu, curateur à la Tate Modern, Antwaun Sargent, directeur de la Gagosian Gallery, ou encore Thelma Golden, directrice du Studio Museum à Harlem, cette même résidence qui a propulsé la carrière de Wiley en 2001, alors qu’il sortait tout juste de l’école d’art de Yale. Une façon pour lui de rendre la pareille et de permettre à de jeunes artistes de bénéficier à leur tour de moyens de production et surtout de visibilité. « Black Rock est une réponse directe au désir d’avoir une relation authentique avec l’Afrique, et de combler un vide que je partage avec de nombreux Afro-Américains. Avec ce projet, je voulais explorer ma propre relation à l’Afrique tout en invitant d’autres artistes à faire de même », explique l’artiste.

Une ambition qui s’inscrit dans un contexte d’effervescence culturelle « qui a confirmé la place de la ville comme hub artistique entre les États-Unis et l’Afrique de l’Ouest », nous confiait récemment Delphine Lopez, directrice de la galerie Cécile Fakhoury à Dakar. « Black Rock s’impose à Dakar avec élégance, apportant le maillon manquant : celui de l’excellence artistique et des standards de production de haute facture, estime de son côté la spécialiste en art contemporain Oumy Diaw. Black Rock ouvre enfin la porte de la rencontre de Dakar avec la diaspora dans un bal International ouvert aux cultures du monde. » Aujourd’hui, parmi ses projets de développement, la fondation prévoit l’ouverture d’un espace d’exposition au Nigéria, à Calabar.

C.T

_Symposium : le 8 février à La Mamounia / le 9 février à la Fondation Montresso*

_Exposition publique de Léonard Pongo et Devin B. Jonhson, deux anciens résidents de la résidence Black Rock Sénégal.

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