BEYROUTH, ENTRE INTENSE ET INTIME

C’est un objet hybride mais intense que nous propose Samer Mohdad, photographe libanais. Un mélange troublant d’images et de bribes autobiographiques. L’artiste se dépersonnalise dans son récit à la 3e personne pour nous confier de manière sobre et pudique sa vision de Beyrouth de 1985 à 2012. Les photos qu’il réalise à la même époque pour l’agence VU complètent les textes avec ce même regard qui pourrait paraître distant, mais qui est plutôt une posture de l’artiste lui conférant un maximum d’objectivité. Car c’est là toute la difficulté du photoreporter : trouver la juste mesure entre empathie et devoir d’informer. On suit donc l’évolution de Samer Mohdad au gré de ses rencontres et de ses voyages, jusqu’à la création de la Fondation arabe pour l’image, en compagnie de Fouad el Khouri et Akram Zaatari, dont il finira par être écarté. Une épopée intime qui raconte en filigrane le destin plus grand d’un pays et de ses habitants soumis à des violences incessantes depuis trop longtemps.

Samer Mohdad, Beyrouth mutations. Editions Actes Sud, 224 pages, 35 euros

À la une

Vue de la Somerset House lors de la 14e edition de 1-54 Londres

1-54 Londres : l’effet tremplin

Treize ans après sa création, la foire 1-54 a-t-elle réussi son pari ? Pensée comme une plateforme de visibilité internationale pour les galeries et artistes...

Vue du stand de La Loft Art Gallery, Frieze Masters 2026. © David Owens

Londres, hub des modernismes arabes et africains

À Londres, Frieze Masters et 1-54 accordent une place croissante aux modernismes arabes et africains longtemps marginalisés par l’histoire de l’art occidentale. Au-delà de leur...

Vue de l'installation Hold de Tarek Atoui à la Tate Modern. © Tate Photography / Yiil Liu.

Des sons pour les yeux las : Tarek Atoui à la Tate Modern

Dans le Turbine Hall de la Tate Modern, l’artiste libanais Tarek Atoui déploie Hold, une installation sonore immersive dont notre auteure Vamika Sinha livre une...

Toni Maraini enseigne l’histoire de l’art à l’École des beaux-arts de Casablanca, 1965. Photo : Mohamed Melehi, courtesy des archives Toni Maraini.

Toni Maraini, aux avant-postes de la modernité marocaine

L’historienne et critique d’art Toni Maraini, qui enseigna aux Beaux-Arts de Casablanca de 1964 à 1972, est à l’honneur de la 47e édition du Moussem...