BOURKIA AUX EDITIONS ART POINT

Pour accompagner l’œuvre de Bourkia, des textes de Christie Jhelil-Ben Cheikh, Farid Zahi et Viyé Diba. Nous avons été émus par ceux, introductifs d’Edmond Amran El Maleh. D’emblée, celui-ci récuse la dichotomie qui veut que dans la relation du peintre et de l’écrivain-critique d’art, les rôles sont définis : « l’un peint, l’autre écrit ». Lui voit plutôt dans cette relation une osmose. Ainsi cette communion qu’il partage avec l’artiste lui permet de livrer l’indicible, qu’on ne pouvait ressentir que grâce aux toiles. Ici des mots sont mis sur les maux, mais surtout sur l’intime. On y découvre des secrets amoureux, comme « cette guerre amoureuse avec l’art jusqu’à son terme » qu’il décide de mener, en poursuivant « cette quête, sans penser aux chances ni même au temps. ». Ou une tendresse pour la matière première de ses premières œuvres, la terre, quand il cite Cioran qui dit avoir pitié  « même d’un bout de métal, de n’importe quoi, tellement tout ce qui existe m’apparait délaissé, malchanceux, incompris… » Certains procédés de l’artiste sont également dévoilés comme sa subversion à détourner le langage de la peinture en utilisant par exemple le « matériau comme couleur » et en « accordant le privilège esthétique à cette matérialité brute, pauvre, faite de ce qu’on rejette, débris, déchets alors que classiquement la belle peinture s’investit dans le paysage propre et noble. » Oui, en lisant ces textes d’Edmond, il est évident qu’une alchimie réunissait l’artiste et l’écrivain.

Hassan Bourkia. Collection « Moroccan Art Books », Les Editions Art point. Mars 2012. 800 dh

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