CROIRE EN SA BONNE ETOILE

Que celui qui n’a jamais contemplé muettement la nuée lève la main ? Qui peut se targuer de n’être pas fasciné par la stella, le nom latin donné à cette gigantesque boule de plasma qui prodigue sa lumière une fois morte ? Comment ne pas vouer un sacre romantique et poétique à la comète qui irradie ? Forme ou symbole, l’étoile dans ce livre traité comme un écrin par Nadine Coleno, appartient aux créateurs, à tous ceux qui se sont emparés de son éclat et de sa force. Un état des lieux qui recense une sacrée iconographie à travers les siècles et les cultures. De l’imagerie populaire véhiculée par le cinéma du début du XXe siècle (l’étoile du shérif, l’étoile du cirque, l’étoile de mer) à celle plus glamour portée par une multitude d’artistes (encensée par Apollinaire et son célèbre vers « Il est grand temps de rallumer les étoiles. », Jean Lurçat dans ses tapisseries, Jean Cocteau dans ses dessins oniriques, Chanel, Miro et Calder, pour ne citer qu’eux), l’étoile incarne le firmament qui consacre les stars hollywoodiennes, les danseurs étoiles. Plus dramatique dans son utilité politique et historique, elle fut à six branches portée honteusement pendant la seconde guerre mondiale, constructiviste lors de la révolution marxiste, apocalyptique dans les visions de Saint-Jean. Nadine Coleno, qui avait déjà publié aux mêmes Editions du Regard, l’histoire du Carré Hermès, répertorie en amoureuse du beau l’allégorie de l’Etoile et fait l’éloge de ceux qui vivent les yeux tournés vers les cieux.

Etoiles

Nadine Coleno

Editions du Regard, 160 pages, 39 euros

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