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Football : quand les artistes s’invitent dans la partie

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Dans les grandes villes ou dans les villages les plus reculés, les artistes investissent le terrain de foot pour en dévoiler la réalité quotidienne. Souvent avec tendresse, parfois avec mélancolie ou humour, tous rappellent que le football relève d’une culture populaire et d’un art consommé de la débrouille qui transcendent le genre ou la classe sociale. Panorama. 

Loin d’être une chimère, le foot au Maroc se révèle la métaphore d’une jeunesse battante, d’un art admirable de l’improvisation et d’une passion de construire coûte que coûte. Un phénomène social dont se sont emparés, souvent avec délectation, les artistes contemporains. On pense aux terrains de jeux improvisés en pleine montagne et dans chaque coin de rue qui font les joies d’une street photo virtuose. Cadrés à hauteur de ballon, les clichés de Yoriyas nous immergent ainsi dans la réalité bricolée des enfants casaouis. À l’opposé de cette dimension quasi sociologique de la photographie de rue, des artistes comme Khalil Nemmaoui ou Zakaria Aït Wakrim prennent le contrepied et capturent des espaces de jeux désertés avec un penchant assumé pour la mélancolie propre aux no man’s land. Parties de foot inclusives, féminines parfois, masculines souvent, quand elles ne sont pas mixtes, qui racontent aussi une aspiration fiévreuse à l’égalité dont rend compte L’équipe, une photographie devenue iconique de Mohamed El Baz, où sur des toits casablancais, filles et garçons contemplent un avenir incertain, mais radieux.

Mohamed El Baz, « L’équipe »,Photographie sur aluminium et plexiglas 100 x 160 cm, 2018

Une nouvelle imagerie ?

Le foot est une « religion » aussi très tendance comme semble nous le suggérer toujours El Baz avec la même série constituée de personnalités en djellabas blanches vénérant on ne sait quel dieu du sport ou les photographies cosmopolites d’un Hassan Hajjaj qui n’hésitent pas à mixer, dans un esprit toujours pop, les références à une culture aussi bien vernaculaire que mondialisée. C’est sans doute à l’image d’une équipe nationale ouverte sur le monde extérieur, faisant aujourd’hui la fierté de tout le continent africain. Une équipe en passe de conquérir sa place parmi les plus grands, réalisant la promesse portée par “l’un des meilleurs footballeurs de tous les temps” Larbi Ben Barek (1917-1992) auquel M’barek Bouhchichi rend hommage dans un portrait tout en pudeur. Depuis quelques jours, les scènes de liesse triomphantes s’imposent dans les clichés des photographes descendus dans les rues capter cette ferveur populaire qui enfièvre le pays. On attend avec impatience de voir comment ils actualiseront, à l’aune des succès des Lions de l’Atlas, l’imagerie du football au Maroc.

Le rédaction

M'barek Bouhchichi, Larbi Benbarek, 2018, Technique mixte et gravure sur caoutchouc, 115 x 115cm
Hassan Hajjaj, Feetball, 2006
Yassine Alaoui Ismaili @ Yoriyas, Série « Casablanca not the movie »
KHALIL NEMMAOUI, SANS TITRE #11, 2018 Série Air Twelve Land Edition 1/3 + 1EA Tirage pigmentaire contrecollé sur dibond sous diasec 150 x 200 cm
Zakaria Aït Wakrim, Série Izuran, 2017
Yassine Alaoui Ismaili @ Yoriyas, Série « Casablanca not the movie »
Mohamed El Baz, « L’équipe », Photographie sur aluminium et plexiglas 100 x 160 cm, 2018

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