Hallima Imane Zoubai célèbre le lien entre l’homme et sa terre

À la croisée des arts sonores et de la géographie, Halima Imane Zoubai explore la géomusicologie comme une manière de révéler la mémoire collective.

« Chez moi, ça chantait beaucoup. La musique était partout, vivante, dans les voix, dans les gestes. C’est cette atmosphère qui m’a poussée à rejoindre le conservatoire, juste en bas des Beaux-Arts de Tétouan où je développais déjà ma pratique artistique. Très vite, l’art et la musique ont commencé à se confondre dans mes œuvres. Les rythmes devenaient des lignes, les mélodies des motifs visuels. Rapidement, je me suis heurtée à une limite. Le malhoun et l’andalou dominaient, mais où étaient les chants du Rif, ceux qui racontaient ma région, ma terre ? Cette absence m’a poussée à chercher ailleurs, dans les archives, les cassettes poussiéreuses de musique populaire. C’est là que j’ai découvert ce que les partitions ne pouvaient capturer : des chants enracinés dans le lieu, des sons qui portaient en eux la mémoire d’un paysage. Chaque chanson était, pour moi, une carte sonore, une traversée des terres et des cultures locales. Chaque morceau devient un fragment de mémoire collective, une célébration du lien entre l’homme et sa terre. Aujourd’hui, cette quête continue. Je ne cherche plus à seulement visualiser, mais à incarner cette mémoire sonore à travers le corps. La performance, le geste, le mouvement du corps deviennent mes nouveaux outils. »

Propos recueillis par Basma Mansour

À la une

Vue de la Somerset House lors de la 14e edition de 1-54 Londres

1-54 Londres : l’effet tremplin

Treize ans après sa création, la foire 1-54 a-t-elle réussi son pari ? Pensée comme une plateforme de visibilité internationale pour les galeries et artistes...

Vue du stand de La Loft Art Gallery, Frieze Masters 2026. © David Owens

Londres, hub des modernismes arabes et africains

À Londres, Frieze Masters et 1-54 accordent une place croissante aux modernismes arabes et africains longtemps marginalisés par l’histoire de l’art occidentale. Au-delà de leur...

Vue de l'installation Hold de Tarek Atoui à la Tate Modern. © Tate Photography / Yiil Liu.

Des sons pour les yeux las : Tarek Atoui à la Tate Modern

Dans le Turbine Hall de la Tate Modern, l’artiste libanais Tarek Atoui déploie Hold, une installation sonore immersive dont notre auteure Vamika Sinha livre une...

Toni Maraini enseigne l’histoire de l’art à l’École des beaux-arts de Casablanca, 1965. Photo : Mohamed Melehi, courtesy des archives Toni Maraini.

Toni Maraini, aux avant-postes de la modernité marocaine

L’historienne et critique d’art Toni Maraini, qui enseigna aux Beaux-Arts de Casablanca de 1964 à 1972, est à l’honneur de la 47e édition du Moussem...