Hassan Darsi : secouer nos consciences endormies

Soulèvement/Intifada. Le titre d’une des œuvres de Hassan Darsi, présentée dans l’exposi- tion « Autrement dit », pose une question essentielle. Quelle est la nature de l’art ? S’agit-il de créer un monde de formes idéales déconnecté de toute réalité ou faut-il agir sur le monde ? Darsi est résolument du côté de l’action et de la praxis, mais il ne cesse d’interroger les formes et de questionner leur pouvoir oraculaire. Des échafaudages aux perspectives multidirectionnelles disent ce chantier qu’est le monde. Des bas-reliefs circulaires d’où s’échappent des cubes esquissent un mouvement insurrectionnel. L’art de Darsi est un work in progress se jouant, non sans malice, des changements d’échelle, comme dans la maquette Le square d’en bas, sur lequel l’exposition revient comme une proposition d’agir sur des ruines. Mais au-delà de ce pragmatisme, Darsi interroge le pouvoir oraculaire ou divinatoire de l’art, pour ne pas dire visionnaire. Des titres tels que Amulettes, Totems ou la simple utilisation ritualisée d’adhésif doré semblent avoir pour fonction de convoquer comme par magie les images mentales ou hallucinatoires d’un monde, peut-être moins à détruire qu’à transformer.

Olivier Rachet

— Hassan Darsi, « Autrement dit », Comptoir des Mines Galerie, Marrakech, jusqu’au 10 avril 2024.

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