La place des femmes africaines dans l’art à Dakar

Dans la capitale sénégalaise, le Musée des civilisations noires accueille « L’Art d’être, Femmes noires », une exposition curatée par Lydie Diakhaté qui interroge la place de la femme noire dans les arts plastiques, d’abord objet du regard masculin chez les modernes de l’École de Dakar, puis sujet à part entière lorsque les créatrices se sont emparées de leur propre image. De Madeleine Devès Senghor à Adji Dieye, en passant par la Mozambicaine Bertina Lopes, les œuvres croisent peinture, photographie, textile et installation. Le propos est nécessaire dans un monde de l’art encore trop majoritairement dominé par les hommes : rappeler combien la femme a été minorée, tantôt absente du champ artistique, tantôt réduite à un motif, et donner à voir celles qui ont forcé la porte. Le volet consacré aux pionnières rappelle à quel point le champ était verrouillé : sur toute l’histoire des Manufactures des arts décoratifs, seules trois femmes ont vu leurs œuvres tissées. L’ambition du discours curatorial excède toutefois malheureusement les moyens de l’accrochage. L’exposition demeure modeste en taille et en nombre d’artistes, là où le sujet appelait une cartographie bien plus vaste du continent et de sa diaspora. Ce qui est montré mérite le détour ; ce qui manque, aussi. 

Shiran Ben Abderrazak

— « L’Art d’être, Femmes noires », Musée des civilisations noires, Dakar (Sénégal), jusqu’au 3 mai 2026.

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Na Chainkua Reindorf, Confounding, 2024, triptyque, tissu en papier Kraft-Tex, gouache acrylique, soie Shantung, fil de broderie, 145,4 x 101,6 cm chacun. Courtesy Galerie Cécile Fakhoury Photo © Gus/MCN

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