L’ode aux artisans de Kouka Ntadi

Depuis une dizaine d’années, l’artiste franco-congolais Kouka Ntadi fréquente la résidence Jardin Rouge à Marrakech et développe son iconographie de guerriers Bantu à travers des médiums aussi différents que la toile de jute ou de simples palissades de bois. Pour sa dernière exposition « Re-parer le monde », présentée à la Galerie des Résidents de la Fondation Montresso, l’idée était « de mettre en avant le savoir-faire des artisans marocains et de faire disparaître la figure du guerrier au profit des matériaux », notamment du bois dont l’artiste a appris les techniques du vieillissement avec un artisan-ébéniste. D’autres matériaux tels que la terre, le cordage ou des madriers donnent forme à des objets qui prennent l’apparence de parures ou autres habits d’apparat, représentant métonymiquement ses guerriers. « C’est comme s’il ne restait plus que le costume du combattant », commente de son côté Kouka Ntadi, ajoutant travailler à ses toiles « de façon très libre, sans les enchâsser, comme s’il s’agissait de simples tissus. » Aussi n’est-il pas étonnant de le voir réaliser des œuvres inédites en collaboration avec des brodeuses de l’atelier de Tazarte, sur lesquelles s’écrivent des textes engagés faisant office de manifeste en faveur d’un double esprit de résilience et de résistance invincible.Olivier RachetKouka Ntadi, « Re-parer le monde », Galerie des Résidents, Fondation Montresso, Marrakech, jusqu’au 23 mars 2025.

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Kouka Ntadi, Shield, 2024, technique mixte sur toile de jute, 78 x 51cm. Courtesy de la Fondation Montresso. Photo © Mourad Boulhana
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Kouka Ntadi dans son atelier à la résidence Jardin Rouge, Marrakech, 2025. Courtesy de la Fondation Montresso. Photo © Mourad Boulhana

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