L’OR DES MOTS

On entend tout dire du plus vieux continent, généralement par de faux amis dégoulinants de bonnes intentions : infantilisation (« L’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire », célèbre boutade de Nicolas Sarkozy) ou encore prépondérance d’une oralité au détriment d’une culture écrite en déficit (« Un vieillard qui meurt, c’est une bibliothèque qui brûle »). Oubliez ces fausses certitudes, assénées par des esprits étroits, en vous plongeant dans l’essai de Jean-Michel Djian, qui nous amène à la découverte des manuscrits rares de la ville des 333 saints. Au cœur de l’Empire Songhaï, Tombouctou fait office de capitale culturelle où se presse une foule d’étudiants et d’érudits, venus parfaire leur savoir. De son passé glorieux, restaient des milliers de manuscrits, vulnérables, car victimes de différentes prédations et de problèmes de conservation. Plus grave, un autodafé organisé par des Islamistes installés dans la région a paupérisé davantage ce fonds essentiel pour mieux comprendre l’Afrique et son histoire. C’est un témoignage important pour tous ceux qui s’intéressent au continent en-dehors des sentiers biaisés de l’exotisme et des idées reçues.

 

Jean-Michel Djian, Les manuscrits de Tombouctou. Secrets, mythes et réalités. Editions JC Lattès. 25 euros

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