MALIKA SQALLI : CHEZ SOI, C’EST D’OU L’ON SE MET EN ROUTE

En solitaire et armée de son appareil photo, Malika Sqalli a parcouru le globe sur le parallèle 34°, de Rabat à Santa Monica ou Sydney. Elle en rapporte des images où elle dit habiller le banal d’un peu de poésie.

 

 

« Mon travail questionne la notion de home, de chez soi, de foyer. J’ai abandonné le luxe d’avoir un chez soi pour explorer ce sujet […] Les nomades ont des tentes qui seront toujours leur maison, peu importe où ils les plantent ».

La jeune artiste marocaine Malika Sqalli a poussé l’idée de documentation à sa limite. Elle s’est donné le projet ambitieux de documenter plusieurs points du globe, à condition qu’ils soient situés le long du 34e parallèle, celui de Rabat, sa ville natale. « Latitude 34 » est le titre de ce projet un peu fou, surdimensionné et assez risqué puisqu’il chemine sur le parallèle nord et, aux antipodes, au sud, dans les zones plus difficiles d’Afghanistan et du Pakistan, prévues plus tard dans son périple.

Malika photographie sous tous leurs aspects les lieux qu’elle a placés sur ce mapping. D’Atlanta, elle montre bien sûr Coca-Cola et l’architecture de l’Inman Park. « Mes itinéraires m’ont fait passer par des paysages terrestres et mentaux durant de longues journées sur la route, souvent sans le moindre contact humain. Ce voyage le long du 34e parallèle est à la fois un voyage photographique et une performance artistique dans le temps et l’espace ».

Car le projet comportera trois volets. Le premier rassemble la somme de clichés réalisés sur le chemin. Le second sera un livre de photos, anecdotes et aphorismes écrits en chemin. « Le troisième sera une série de travaux d’installations qui reflètent mon parcours, mes questionnements, en utilisant des cartes, des fils, des mots entendus, des dialogues… ». L’exposition montée par la Fondation CDG montrera quelques images « fortes en gueule » comme The Yellow Trip/ A self-portrait, dans lequel les doubles lignes jeunes de l’autoroute qui traverse le désert de Mojave à Joshua Tree « sont coupées par les chaussures jaunes de l’artiste, dont les ombres spectaculaires se dessinent au premier plan. Il ne s’agit en aucun cas d’escarpins rouge rubis, et la route n’est pas non plus jaune brique, mais la recherche de l’artiste a quelque chose du surréalisme attrayant de la quête de Dorothy pour Oz » (Jerry Cullum, auteur et critique d’art, Atlanta)

 

Meryem Sebti

 

« Latitude 34.02 »

Malika Sqalli,

Fondation CDG

Rabat

Du 5 mars au 12 avril 2013

MALIKA SQALLI : CHEZ SOI, C'EST D'OU L'ON SE MET EN ROUTE
Eric Van Hove, le moteur de la V12 Laraki, 2014. Copyright Eric Van Hove
MALIKA SQALLI : CHEZ SOI, C'EST D'OU L'ON SE MET EN ROUTE
Yamou, Plantules, série Les Jardiniers, 2014, huile sur bois. Courtesy de l’Atelier 21

À la une

Vue de la Somerset House lors de la 14e edition de 1-54 Londres

1-54 Londres : l’effet tremplin

Treize ans après sa création, la foire 1-54 a-t-elle réussi son pari ? Pensée comme une plateforme de visibilité internationale pour les galeries et artistes...

Vue du stand de La Loft Art Gallery, Frieze Masters 2026. © David Owens

Londres, hub des modernismes arabes et africains

À Londres, Frieze Masters et 1-54 accordent une place croissante aux modernismes arabes et africains longtemps marginalisés par l’histoire de l’art occidentale. Au-delà de leur...

Vue de l'installation Hold de Tarek Atoui à la Tate Modern. © Tate Photography / Yiil Liu.

Des sons pour les yeux las : Tarek Atoui à la Tate Modern

Dans le Turbine Hall de la Tate Modern, l’artiste libanais Tarek Atoui déploie Hold, une installation sonore immersive dont notre auteure Vamika Sinha livre une...

Toni Maraini enseigne l’histoire de l’art à l’École des beaux-arts de Casablanca, 1965. Photo : Mohamed Melehi, courtesy des archives Toni Maraini.

Toni Maraini, aux avant-postes de la modernité marocaine

L’historienne et critique d’art Toni Maraini, qui enseigna aux Beaux-Arts de Casablanca de 1964 à 1972, est à l’honneur de la 47e édition du Moussem...