MENART Fair : à Paris, les galeries françaises et libanaises trustent la place

Pour sa 4e édition, la seule foire spécialiste des mondes arabes réunissait au Palais Iéna une sélection de galeries où les enseignes libanaises, malgré les difficultés économiques que traverse le pays, ont brillé par leur nombre. Si MENART Fair s’entoure de fidèles de la première heure, observe notre auteure Horya Makhlouf, elle a su ménager un espace pour des centres culturels hybrides, moins commerciaux.  
Ce week-end, à Paris, les amateurs d’art de la région MENA se sont retrouvés en nombre au Palais d’Iéna, siège du Conseil Économique Social et Environnemental, que l’on pouvait visiter dans le cadre des Journées Européennes du Patrimoine comme dans celui de la quatrième édition de la MENART Fair.

En plein cœur du très chic et international seizième arrondissement, et après son édition de début d’année à Bruxelles, la jeune foire a accueilli dans la capitale française 32 galeries représentant 11 pays de la région MENA. Sans surprise, on y retrouve plus de galeries parisiennes qu’en février à Bruxelles – 1/3 des galeries exposantes étaient françaises –  mais aussi des espaces plus hybrides, à mi-chemin entre le marché de l’art et la plateforme curatoriale, à l’instar du Consulat Voltaire parisien ou du dernier beau projet de Sofien Trabelsi, Revie Projects.

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Hicham Benohoud, Untitled (issus de la série ACROBATIE), 2017, impression numérique c-print montée sur aludibond, 60 x 90 cm.

Des initiatives ambitieuses

C’est peut-être l’aspect le plus audacieux de cette foire que de ménager dans sa sélection d’exposants des espaces pour de jeunes initiatives ambitieuses, en y intégrant par exemple la toute nouvelle Galerie Fahmy Malinovsky – qui n’ouvrira sa galerie à Paris qu’en novembre, et qui présentait le minutieux travail du Franco-Libanais Hussein Nasseredine – ou en proposant des collaborations avec des maisons de vente voisines telles que Millon – où la (encore) jeune galerie dubaïote Hunna Art proposait à la vente deux œuvres de l’artiste palestinienne Reem R., dont elle a, par ailleurs, vendu deux délicates peintures à l’huile sur son stand.

Éclectisme et confiance : ce sont sans doute les adjectifs qui conviennent le mieux à cette nouvelle édition de la confidentielle MENART Fair, qui sait aussi bien accorder la sienne – de confiance – à de nouvelles voix que conserver celle que lui accordent certaines galeries présentes depuis la première édition – et en particulier les libanaises (1/3 des galeries) qu’on retrouve donc nombreuses dans les allées à exposer notamment des peintres modernes de leur pays ou d’Egypte.

À travers une sélection d’œuvres cosmopolites, où la prédominance de la peinture n’empêche pas la présence du design d’objets et de la céramique en passant par l’installation ou le dessin, c’est le dynamisme de cette région du monde que donne à voir MENART qui continue d’être la seule foire spécialiste des mondes arabes.
Horya Makhlouf

AB5
Laila Muraywid , Le bruit léger d’une défaite, 2012, Tirage gelatino-argentique peint marouflé, pièce unique.

C6-
Mireille Honein, Invocation, Bronze, 54 x 29 x 31cm.

M1
Esmaël Bahrani, Masha, 2023, tmi sur toile, 205x115cm.

E6
Nour Elbasuni, “Sons of Endymion”, 2021, Huile sur toile.

E5
Reem R., “Last Night”, 2023, Huile sur toile.

A1
Hela Ammar, Odalisque I, 2012, Photographie numérique, 80×80 cm, tirage limité à 7 édition.

Y10
Yasmina Hilal, Self Portrait, 2022, Feuille d’or et agrafes sur polaroïd, 40×30 cm.

S3
Morteza Khosravi, Untitled, 2023, Huile sur toile, 140X190 cm.

L2
Niyaz Najafov, Untitled, huile sur toile, 15×19 cm.

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