Mouna Ahizoune révèle l’essence tragique du corps

Fraîchement diplômée des Beaux-arts de Tétouan, Mouna Ahizoune nous accueille à Rabat pour son open studio à L’appartement 22, où elle nous dévoile le fruit de ses quinze jours de résidence.

« La relation entre la mémoire et le corps m’a toujours fascinée. Je me suis souvent retrouvée à questionner la façon dont les souvenirs parviennent à s’ancrer profondément en nous, sans pour autant être concrets. Je suis convaincue que plus le cumul mémoriel que nos corps comportent est significatif, plus leur dimension tragique s’amplifie. Cette idée d’associer le corps à la tragédie m’est venue alors que je contemplais les pieds de ma mère. Ces membres, les premiers à ressentir le contact de la terre, supportent toute la pesanteur de notre existence et résument pour moi l’essence de la tragédie humaine. Je base toujours mes recherches et travaux sur la performance ; je pars d’un langage purement corporel pour aboutir à des productions visuelles, que ce soit en dessin, photographie ou installation. J’essaie également d’introduire différentes matières et médiums, comme dans ce projet avec l’asguin, une roche sédimentaire argileuse présente abondamment dans la région où j’ai grandi, dont la texture à la fois rigide et fragile, ainsi que la couleur, m’ont permis de concrétiser mes idées. Mon corps est mon terrain d’expérimentation principal, je m’en sers pour explorer, pour repousser les limites et remettre en question ma réalité. »

Propos recueillis par Insaf Benali

Diptyk-n°65-P-228
Asguin-tin, 2023, formes diverses

2
Frames documentant le processus de recherche de l’artiste

À la une

Vue de la Somerset House lors de la 14e edition de 1-54 Londres

1-54 Londres : l’effet tremplin

Treize ans après sa création, la foire 1-54 a-t-elle réussi son pari ? Pensée comme une plateforme de visibilité internationale pour les galeries et artistes...

Vue du stand de La Loft Art Gallery, Frieze Masters 2026. © David Owens

Londres, hub des modernismes arabes et africains

À Londres, Frieze Masters et 1-54 accordent une place croissante aux modernismes arabes et africains longtemps marginalisés par l’histoire de l’art occidentale. Au-delà de leur...

Vue de l'installation Hold de Tarek Atoui à la Tate Modern. © Tate Photography / Yiil Liu.

Des sons pour les yeux las : Tarek Atoui à la Tate Modern

Dans le Turbine Hall de la Tate Modern, l’artiste libanais Tarek Atoui déploie Hold, une installation sonore immersive dont notre auteure Vamika Sinha livre une...

Toni Maraini enseigne l’histoire de l’art à l’École des beaux-arts de Casablanca, 1965. Photo : Mohamed Melehi, courtesy des archives Toni Maraini.

Toni Maraini, aux avant-postes de la modernité marocaine

L’historienne et critique d’art Toni Maraini, qui enseigna aux Beaux-Arts de Casablanca de 1964 à 1972, est à l’honneur de la 47e édition du Moussem...