ORCH/IDEE FIXE

C’est un étrange objet de la rentrée littéraire 2012 que cette Orchidée fixe commise par Serge Bramly. Depuis longtemps, il voulait écrire sur Duchamp, mais comment ? Quelle bonne idée alors que de s’immiscer dans la brève parenthèse casablancaise de l’artiste, au moment où celui-ci transite, en pleine guerre, par le port d’Aïn Sebaa à destination des Etats-Unis. Un épisode succinct qui a très peu intéressé les hagiographes de Duchamp mais dont Bramly s’empare pour édifier un roman picaresque qui se dévore d’une traite. Nous imaginons le brave Duchamp dans le Casa des résistants et de l’Art déco. Nous le suivons la nuit quand il ne dort pas dans la baignoire prêtée par le propriétaire de l’Eden, charmant tripot perché sur la plage où il a trouvé refuge. On le retrouve lors d’une virée mémorable qui se finit dans le mythique Bousbir avec les conséquences que l’on connaît à ce type d’endroit… Ce sont les descendants du propriétaire de l’Eden qui racontent l’histoire et révèlent l’existence de dessins préparatoires au fameux Etant donnés… Un roman palpitant où l’auteur, grâce à un savant mélange de faits et de fiction, nous permet de découvrir un Duchamp intime, et un Casablanca désormais oublié.

Orchidée Fixe, Serge Bramly, éditions Lattès, 280 pages, 18 euros

À la une

Vue de la Somerset House lors de la 14e edition de 1-54 Londres

1-54 Londres : l’effet tremplin

Treize ans après sa création, la foire 1-54 a-t-elle réussi son pari ? Pensée comme une plateforme de visibilité internationale pour les galeries et artistes...

Vue du stand de La Loft Art Gallery, Frieze Masters 2026. © David Owens

Londres, hub des modernismes arabes et africains

À Londres, Frieze Masters et 1-54 accordent une place croissante aux modernismes arabes et africains longtemps marginalisés par l’histoire de l’art occidentale. Au-delà de leur...

Vue de l'installation Hold de Tarek Atoui à la Tate Modern. © Tate Photography / Yiil Liu.

Des sons pour les yeux las : Tarek Atoui à la Tate Modern

Dans le Turbine Hall de la Tate Modern, l’artiste libanais Tarek Atoui déploie Hold, une installation sonore immersive dont notre auteure Vamika Sinha livre une...

Toni Maraini enseigne l’histoire de l’art à l’École des beaux-arts de Casablanca, 1965. Photo : Mohamed Melehi, courtesy des archives Toni Maraini.

Toni Maraini, aux avant-postes de la modernité marocaine

L’historienne et critique d’art Toni Maraini, qui enseigna aux Beaux-Arts de Casablanca de 1964 à 1972, est à l’honneur de la 47e édition du Moussem...