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[Portfolio] Delphine Diallo, black consciousness

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Iconoclaste, féministe, spontanée… La pétillante photographe et artiste visuelle franco-sénégalaise Delphine Diallo documente, avec sa série Afropunk, une jeunesse afro-américaine alternative et décomplexée. 

Loin d’un regard lisse, esthétisé à outrance, et d’une imagerie folklorisée du corps noir, les portraits de la série Afropunk – issus du festival éponyme – de Delphine Diallo, envoutent. Tantôt doux, complices, tantôt insolents, provocants, les regards captivent tandis que les allures et postures expriment un criant désir de liberté. Témoin des prémices de ce festival hors normes, la photographe franco-sénégalaise a documenté en 2016 et 2018 ce “Woodstock au coeur de Brooklyn”. “Afropunk a été – est – l’une des clés pour comprendre une nouvelle génération, une jeunesse en quête de spiritualité, d’identité, de partage de savoirs”, déclare Diallo, qui porte désormais un regard sévère sur “le monde de la photographie”. Pour cette quadra ultra-dynamique, ayant fait ses armes auprès du photographe new-yorkais Peter Beard, la photographie s’est fourvoyée “en ignorant une part importante des minorités”.

©Delphine Diallo

Fondé dans les années 2000 par Matthew Morgan et rejoint par Jocelyn Cooper, Afropunk a symbolisé, cristallisé “un royaume de la conscience black”, explique Delphine Diallo, qui assure néanmoins “transcender ces questions manichéennes de black & / vs white”. On parle ici de diversité au sens le plus large, d’acceptation de l’autre et de soi. “Je ne suis pas pro-black, je suis pro-humanité”, insiste cette iconoclaste qui jongle entre l’analogique “plus énergique, profond” et le digital “plus froid, distant”; entre la couleur et le noir et blanc.

©Delphine Diallo
©Delphine Diallo

Dé-codifier le langage photographique

Pour Delphine Diallo, la globalisation n’est autre qu’une forme contemporaine de colonisation des esprits. Tout en ayant intégré ces codes globalisés, la jeunesse d’Afropunk, cherche âprement à s’en émanciper jouant sur l’exubérance et le self-branding. “Des revendications sociales et culturelles pacifiques” se jouent aussi lors de ce festival né originellement contre l’invisibilisation des artistes noirs dans le punk. Aujourd’hui Afropunk est aussi un espace qui célèbre les luttes contemporaines sous le slogan « No sexism, no racism, no ableism, no ageism, no homophobia, no fatphobia, no transphobia, no hatefulness ».

©Delphine Diallo
©Delphine Diallo

Le respect de ces valeurs a bouleversé l’approche artistique de Diallo. Elle rejette désormais la notion de “taking”, lors de la “prise” de photos, qu’elle associe  – avec spiritualité – à une intrusion dans l’identité voire une appropriation des âmes. Ainsi, chaque portrait réalisé lors de cette série, dont “la sélection a été repensée plus d’une trentaine de fois”, naît de longues discussions avec les personnes photographiées. “Si je ne mets pas d’humanité dans la photo, si je ne suis pas dans cet altruisme, alors autant ne pas prendre de photos : question de cohérence et d’être dans sa vérité !”

Une vérité qui se construit par ailleurs en opposition totale avec une certaine photographie de mode qui “perpétue ces visions colonisées”, selon elle. “Il est temps d’en finir avec les réappropriations culturelles, de démanteler cette imagerie patriarcale, colonisée, en convoquant des œuvres qui permettent de dé-codifier le langage photographique”. Afropunk est l’émanation de ce désir.

Houda Outarahout

©Delphine Diallo
©Delphine Diallo
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