Rita Alaoui, Au hasard des promenades…

Rita Alaoui a fait de son atelier un bureau des objets trouvés : des fragments de nature sans vie qui portent la marque du temps.
Rita Alaoui glane au gré de ses promenades des objets que la nature semble avoir abandonnés. Os, coraux, noyaux, coquillages, morceaux de bois flotté… Des restes, sans fonction apparente, détachés qu’ils sont du contexte qui donnait sens à leur existence. L’os n’a plus son corps-enveloppe, le noyau est dépourvu de fruit. Mais ces objets ne se résument pas à des présences inertes. Ils portent la marque du temps qui fut témoin de leur érosion. Ils sont chargés d’une absence qui est un appel. Ce sont des objets qu’on observe en silence, dans un mélange d’apaisement et de mystère. L’absence qu’ils portent en eux fait signe vers nous, comme elle a dû faire signe à la main de l’artiste qui, sur le rivage, s’est tendue vers l’objet pour le recueillir. On imagine le hasard objectif de la « découverte » comme celui d’une rencontre, ou comme une scène de reconnaissance : un mélange obscur de mémoire et d’affect, brouillant légèrement la distinction entre la conscience et l’objet, a fait qu’une main s’est avancée. 

par Omar Berrada
Rita Alaoui, « Objets trouvés », GVCC, Casablanca, jusqu’au 15 novembre 2015.
Si vous souhaitez lire la suite de cet article vous le trouverez dans Diptyk #30

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