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[Marché de l’art] Le jour où… Banksy a pris le contrôle des enchères

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Les meilleurs commissaires-priseurs font grimper les meilleures œuvres jusqu’aux sommets les plus inaccessibles. Mais il arrive que la vapeur s’inverse et que l’artiste prenne le pouvoir sur un évènement dont il est censé n’être que le spectateur. La preuve par Banksy.

Octobre 2018 chez Sotheby’s, à Londres. Au moment où le dessin de Banksy, Girl With Balloon (2006), est adjugé pour 1,4 million de dollars, l’œuvre s’autodétruit en direct grâce à une broyeuse dissimulée par l’artiste dans le cadre. Personne n’a oublié cet épisode, celui de la première prise de contrôle d’un artiste dans l’espace confiné et ultra-surveillé d’une salle de ventes. Notre « terroriste de l’art », comme certains le nomment, y a encore gagné en popularité.

L'œuvre Girl With Balloon (2006) de Banksy, en train de s’autodétruire à l’issue de son adjudication chez Sotheby’s Londres en octobre 2019.

Banksy compte désormais 7,5 millions de followers sur Instagram (il en a gagné plus d’un million en moins d’un an) et représente, pour les maisons de ventes, l’assurance de faire monter la pression. Pas besoin d’un quelconque curateur ou d’une provenance prestigieuse pour vendre un bon Banksy. Les maisons de ventes savent comment marketer leur coup et s’attirer la faveur des médias par d’autres biais. A défaut de pouvoir compter sur un coup d’éclat aussi disruptif que la destruction d’une œuvre (ce qui a marché une fois
lasserait la deuxième), elles surfent désormais sur l’actualité. En octobre 2019, Sotheby’s a mis à la une de sa vente londonienne  “Devolved Parliament” (Parlement des singes), une peinture représentant des parlementaires à la Chambre des communes du Royaume-Uni sous la forme de chimpanzés. Le moment ne pouvait être mieux choisi puisque cette œuvre (créée en 2009) a été perçue comme une allégorie de l’inévitable Brexit. Rien de tel qu’une popularité éclatante et un bon timing pour faire exploser les enchères… en l’occurrence de 10 millions de dollars au-delà des prévisions optimistes ! L’œuvre estimée pour un peu plus de 2 millions s’est en effet envolée pour plus de 12, signant au passage le record absolu de l’anonyme le plus célèbre du monde de l’art.

Celine Moine avec Artprice.com

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