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L’exception Sud-africaine

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Si « l’afrique est la chine de demain dans le secteur artistique », pour reprendre les mots de touria el glaoui, la fondatrice de la foire 1-54, tout commence en afrique du sud. c’est le seul pays du continent à posséder un réseau de galeries, musées, sociétés de ventes et salon d’art suffisamment structuré pour que le marché intérieur se développe, tout en exerçant un réel pouvoir d’attraction sur les acteurs internationaux.

Écoles pointues, artistes renom- més, galeries d’art contemporain puissantes, salon couru, sociétés de ventes bien implantées… Ne manquait qu’un grand musée à l’Afrique du Sud pour achever la transformation du paysage culturel. C’est chose faite depuis un peu plus d’un an. Le Cap s’est offert le plus grand musée d’art contemporain africain : le Zeitz Museum of Contempo- rary Art Africa, inauguré en septembre 2017 et déjà surnommé le Tate Modern africain. Il est vrai que le musée londonien habite une ancienne centrale électrique et que le Zeitz MOCAA est installé dans un spectaculaire silo à grains de 57 mètres de haut.
De là, il domine le Victoria & Albert Waterfront, zone touristique aisée et branchée du Cap. La transformation de ce qui fut le plus haut bâtiment d’Afrique subsaharienne en un musée de 6 000 m2sur neuf étages est en soi une prouesse, accomplie par l’architecte britannique Thomas Heatherwick. En attendant de se doter d’une vaste collection permanente qui lui soit propre, le musée alimente un fonds d’acquisition en faisant appel à des mécènes et des fonds privés, et expose les œuvres de l’homme d’affaires allemand Jochen Zeitz (grand collectionneur d’art contemporain africain), tout en offrant une vitrine indispensable à la nouvelle génération d’artistes africains.

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Les expositions inaugurales semblent déjà porter chance aux jeunes artistes élus. Exposé il y a quelques mois au Zeitz MOCAA face au maître ancien le Guerchin (1591-1666), le jeune Kudzanai Chiurai a signé trois nouveaux records d’enchères en 2018. Exposée également, l’artiste Nandipha Mntambo est de plus en plus demandée par le marché anglais, où elle a établi son nouveau record à 37 000 $ en mars 2018. Idem pour Zanele Muholi, artiste militante engagée dans la dénonciation des crimes contre la communauté LGBTI (lesbienne, gay, bisexuelle, transexuelle et intersexe), qui a vu le prix de ses photographies tripler en deux ans. Son record a été établi en mai dernier à Londres pour un autopor- trait au torse nu, détournant l’iconogra- phie chrétienne de la madone.

DES GALERIES PUISSANTES

Le succès de ces trois artistes démontre la pertinence des choix curatoriaux du musée, opérés en lien avec les puissantes galeries du Cap, notamment la Goodman Gallery représentant Kudzanai Chiurai et la galerie Stevenson, engagée avec Nandipha Mntambo et Zanele Muholi. Bénéficiant chacune d’une antenne au Cap et à Johannesburg, les deux galeries développent le premier marché d’artistes africains ou issus de la diaspora, aussi incontournables que William Kentridge ou Barthelemy Toguo, tout en permet-

tant à la jeune génération d’accéder au marché international via leur partici- pation à des foires, comme Art Basel, Frieze New York ou 1-54 Londres. Elles ne sont pas les seules : les galeries SMAC et MOMO affichent elles aussi une ligne solide, défendent leurs artistes à l’étran- ger, développent les résidences et les échanges. Le rôle de ces galeries est déterminant. Il a grandement contri- bué à l’émergence de l’art africain sur le marché international et laisse espérer un développement du marché intérieur dans le futur.

L’autre élément porteur pour le développement du marché intérieur tient à la Cape Town Art Fair (15-17 février). Le salon prend de plus en plus d’ampleur, exerçant un véritable pouvoir d’attraction sur les grandes galeries internationales. Les galeries Perrotin et Continua font notamment partie des exposants cette année. Pour ces poids lourds, Le Cap est une porte d’entrée sur l’Afrique, la possibi- lité d’accéder à un nouveau marché de col- lectionneurs tout en découvrant la scène artistique de la région. Pour les acteurs locaux – galeristes, artistes ou critiques –, l’internationalisation des exposants et du public devrait faciliter les échanges cultu- rels et économiques, consolider les passe- relles existantes et permettre d’en fabri- quer de nouvelles. Cape Town Art Fair est devenue un rendez-vous incontournable, un vecteur de développement important pour l’ensemble du marché africain, et pas seulement pour l’Afrique du Sud…

Retrouvez l’intégralité de l’article dans le numéro 47 actuellement en Kiosque.

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