A L’Atelier 21, Mo Baala revit ses débuts

Avec sa dernière exposition intitulée « Beginnings », l’artiste autodidacte originaire de Taroudant entend répondre aux questions qui reviennent en boucle concernant ses débuts.
 


C’est dans le bazar et les cyber-cafés de Taroudant que tout a commencé. Avant de devenir l’artiste que l’on connaît aujourd’hui, Mo Baala s’est imprégné des savoir-faire des artisans de la médina et s’est exercé à sculpter des figures dans la pierre de calcaire, puis le bois de thuya. Il a confectionné des objets touristiques, en coupant dans le cuir ou le textile. Il s’est nourri des nombreuses rencontres qu’il a pu faire et a commencé à se forger, à partir des références qu’il glanait par-ci par-là, une solide culture artistique. Il faut l’entendre s’émerveiller encore au récit de toutes ces soirées passées dans les cyber-cafés de Taroudant ou de Marrakech à se renseigner sur Brancusi, Modigliani, Miró, Basquiat ou Bosch pour comprendre le génie qui est le sien. De tout cela est né un imaginaire débridé, peuplé de créatures plus bancales les unes que les autres. Un univers hétéroclite où la statuaire africaine rencontre la peinture flamande, où la tradition du masque africain sert de toile de fond à des autoportraits inouïs. L’exposition que présente l’Atelier 21 fourmille de dessins, peintures, sculptures et autres bas-reliefs consacrant la virtuosité d’un des artistes les plus inventifs du moment.
Olivier Rachet
Mo Baala, « Beginnings », L’Atelier 21, Casablanca, jusqu’au 16 mars 2020.

WEB-mo_baala_My-Atlas-Face
My atlas face, Marqueur acrylique et collage de cuir sur toile, 160 x 200 cm, 2019

WEB---The-rain
Mo Baala, The Rain, Technique mixte sur toile, 200×220 cm, 2019

WEB-MOBA-8
Mo Baala, Ana, marqueur acrylique et encre de chine sur papier canson, 25 x 19 cm, 2019

À la une

Vue de la Somerset House lors de la 14e edition de 1-54 Londres

1-54 Londres : l’effet tremplin

Treize ans après sa création, la foire 1-54 a-t-elle réussi son pari ? Pensée comme une plateforme de visibilité internationale pour les galeries et artistes...

Vue du stand de La Loft Art Gallery, Frieze Masters 2026. © David Owens

Londres, hub des modernismes arabes et africains

À Londres, Frieze Masters et 1-54 accordent une place croissante aux modernismes arabes et africains longtemps marginalisés par l’histoire de l’art occidentale. Au-delà de leur...

Vue de l'installation Hold de Tarek Atoui à la Tate Modern. © Tate Photography / Yiil Liu.

Des sons pour les yeux las : Tarek Atoui à la Tate Modern

Dans le Turbine Hall de la Tate Modern, l’artiste libanais Tarek Atoui déploie Hold, une installation sonore immersive dont notre auteure Vamika Sinha livre une...

Toni Maraini enseigne l’histoire de l’art à l’École des beaux-arts de Casablanca, 1965. Photo : Mohamed Melehi, courtesy des archives Toni Maraini.

Toni Maraini, aux avant-postes de la modernité marocaine

L’historienne et critique d’art Toni Maraini, qui enseigna aux Beaux-Arts de Casablanca de 1964 à 1972, est à l’honneur de la 47e édition du Moussem...