[Snapshot] En Afrique du Sud, l’habit ne fait pas le moine

Senzeni-Marasela-50-1536x1025
Les robes que portait Marasela dans le cadre de sa performance de six ans, aujourd’hui suspendue au Zeitz MOCCA. Photo reproduite avec l’aimable autorisation du musée.

Comme son compatriote William Kentridge, la Sud-Africaine Senzeni Marasela se crée un alter ego, Theodorah, qui devient ici l’incarnation de ces femmes noires qui, comme la propre mère de l’artiste, ont fui les villages pour migrer en ville et s’entasser dans les townships où la précarité prévaut. Theodorah, c’est aussi un hommage à ces épouses venues chercher dans les métropoles leurs maris disparus, emprisonnés sous l’apartheid.

Les 21 robes rouges traditionnellement portées dans les campagnes et aujourd’hui exposées au Zeitz Mocaa ( Cape Town) sont celles que l’artiste a revêtu quotidiennement pour sa performance Theodorah comes to Johannesburg. Durant  6 ans, Marasela expérimente dans sa chair les préjugés car le vêtement est tantôt vecteur d’intégration ou à l’inverse d’ostracisme, métaphore dans une société comme celle de l’Afrique du Sud (mais pas que) des strates et ségrégation encore à l’œuvre entre noirs et blancs, hommes et femmes, citadins et ruraux, riches et pauvres.
La rédaction

Senzeni Marasela,Waiting for Gebane, Zeitz Mocaa, Cap Town, jusqu’au 2 mai 2021.

À la une

Vue de la Somerset House lors de la 14e edition de 1-54 Londres

1-54 Londres : l’effet tremplin

Treize ans après sa création, la foire 1-54 a-t-elle réussi son pari ? Pensée comme une plateforme de visibilité internationale pour les galeries et artistes...

Vue du stand de La Loft Art Gallery, Frieze Masters 2026. © David Owens

Londres, hub des modernismes arabes et africains

À Londres, Frieze Masters et 1-54 accordent une place croissante aux modernismes arabes et africains longtemps marginalisés par l’histoire de l’art occidentale. Au-delà de leur...

Vue de l'installation Hold de Tarek Atoui à la Tate Modern. © Tate Photography / Yiil Liu.

Des sons pour les yeux las : Tarek Atoui à la Tate Modern

Dans le Turbine Hall de la Tate Modern, l’artiste libanais Tarek Atoui déploie Hold, une installation sonore immersive dont notre auteure Vamika Sinha livre une...

Toni Maraini enseigne l’histoire de l’art à l’École des beaux-arts de Casablanca, 1965. Photo : Mohamed Melehi, courtesy des archives Toni Maraini.

Toni Maraini, aux avant-postes de la modernité marocaine

L’historienne et critique d’art Toni Maraini, qui enseigna aux Beaux-Arts de Casablanca de 1964 à 1972, est à l’honneur de la 47e édition du Moussem...