Malika Agueznay, l’oeuvre d’une vie

Dans le sillage de la grande exposition rétrospective consacrée à Malika Agueznay par les fondations CDG et ONA, une très belle monographie dédiée à l’artiste vient de paraître.

L’ouvrage, très complet, est agréable à lire et à parcourir pour plusieurs raisons, à commencer par les textes. Celui de Bernard Collet fournit une analyse très fine du travail de l’artiste, entièrement centré sur la forme matrice de l’algue. Pour Bernard Collet, à qui le terme de « forme générique » paraît plus juste, ces recherches sont à rapprocher du mouvement « support/surfaces », notamment du travail de Claude Viallat. Chez ce dernier comme chez Malika Agueznay, « la forme tient sa force précisément de son aspect neutre, quelconque, sans qualité particulière, sans référent religieux ou social, de son côté générique et "pauvre" », écrit Collet. Une forme qui permet « de se tenir aux limites de la figuration, tout en s’inscrivant avec force dans l’abstraction la plus pure », et que Malika Agueznay décline à l’infini : calligraphiée, gravée, peinte ou encore sculptée. Les textes contiennent aussi des témoignages plus brefs mais poignants, comme la plume rare de Leila Faraoui qui rappelle à l’artiste de précieux moments de jeunesse. Côté iconographie, le livre se révèle également d’une grande richesse. Abondantes, les reproductions d’oeuvres retracent les différentes périodes du travail de l’artiste. Des photos plus personnelles montrent Malika Agueznay passer de la jeune fille à la fois grave et mutine, étudiant avec application à l’École des Beaux-arts de Casablanca (alors au faîte de sa gloire), à cette dame élégante et altruiste offrant son talent et son savoir à de belles causes humanitaires.


Syham Weigant

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