[ VILLE ] Londres, hub de l’art et du marché

À l’occasion de l’ouverture de la Frieze art fair, première foire de la saison, visite de la capitale britannique. Au cours des quinze dernières années, ce haut-lieu de la culture populaire est devenu l’un des principaux acteurs du marché de l’art.

Tout bouge à Londres : démographie, architecture, foires, musées, galeries… La mutation s’impose d’emblée dans la poussée verticale qui donne à certains quartiers des allures shanghaiennes. Avec la City comme moteur économique et 8,6 millions d’habitants, dont un immense potentiel de consommateurs d’art, la ville est devenue l’une des principales capitales culturelles mondiales. Ici, la culture est mainstream et l’art franchement populaire. Il se diffuse dans toutes les couches de la population grâce à la gratuité de nombreux musées (comme le British Museum et le Victoria & Albert Museum), sans compter ces musées à ciel ouvert que sont les rues.

Car Londres est « la » grande capitale du street art. Sur les murs du quartier de Shoreditch, à l’est de Londres, des pochoirs de Banksy, protégés par des plexiglas afin d’éviter vols et dégradations, côtoient les œuvres de Ben Eine, de Shepard Fairey et les chewing- gums peints à même le sol par Ben Wilson. Populaire, parfois underground, l’art est porté par un esprit d’indépendance et d’optimisme, mais pas seulement. Londres réconcilie les contraires et offre parallèlement des expositions rigoureuses et exigeantes dans les quartiers de Myfair, Soho et Regent’s Street où sont établies de puissantes galeries. Aujourd’hui diversifiée et pointue, l’actualité artistique londonienne n’a pourtant pas toujours été au premier plan. Le grand virage s’est opéré il y a une quinzaine d’années. 

L’IMPULSION DE SAATCHI 

L’impulsion a été donnée par l’exposition « Sensation : Young British Artists from the Saatchi Collection » à la Royal Academy de Londres en 1997. L’événement a attiré pas moins de 300 000 visiteurs, avant de rejoindre New York en 1999. l’époque, les installations suggestives de Sarah Lucas, les corps mutants des frères Chapman, les mises en scène exhibitionnistes de Tracey Emin ou encore les sculptures intriguantes de Marc Quinn avaient déclenché les foudres du maire de New York, Rudolph Giuliani. Mais dans le même temps, la cote de ces artistes a commencé à littéralement exploser, celle de Damien Hirst en tête. Porté par Charles Saatchi et Jay Joplin (White Cube), deux fins stratèges et excellents communicants, l’impact commercial des Young British Artists (YBA) s’est rapidement fait sentir après l’exposition « Sensation ». L’un des premier cas de surchauffe du marché a été la vente d’une armoire à pharmacie de Damien Hirst au triple de son estimation haute en 1998 (God, vendue plus de 315 000 dollars chez Christie’s), alors que personne n’en voulait à 5000 dollars quelques années plus tôt. L’insolence des YBA a stimulé et dérouté le public de l’époque, attisé autant d’éloges que de médisances, fait couler beaucoup d’encre et permis de braquer tous les projecteurs sur la scène contemporaine de Londres.


par artprice.com

Frieze Art Fair, Regent’s Park, Londres, du 14 au 17 octobre 2015
1:54 Contemporary African Art Fair, Somerset House, Londres, du 15 au 18 octobre

Si vous souhaitez lire la suite de cet article vous le trouverez dans le numéro d'octobre 2015 Diptyk #30

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Barthélémy Toguo, Vaincre le virus!, 2016, porcelaine émaillée, 200 x 50 cm Courtesy Galerie Lelong & Bandjoun Stati © Adagp, Paris 2016
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Taste, Jens Hoffmann

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