Une peinture des algorithmes

Vincent Abadie Hafez situe son travail à mi-chemin entre la sagesse ancestrale de la calligraphie et la clandestinité du graffiti. Rencontre placée sous le signe du voyeurisme. « Mon école, c’est le graffiti illégal », revendique d’entrée Vincent Abadie Hafez, artiste phare de la David Bloch Gallery depuis son ouverture en 2010. De cette formation clandestine, il a gardé la précision du trait et l’impulsivité du geste. À la question de savoir comment définir au mieux son travail, dans lequel les arts calligraphiques de différentes civilisations côtoient l’improvisation virtuose propre au street art, celui-ci répond qu’il est « peintre en lettres » ou plus humoristiquement encore, qu’il se considère « comme un peintre architecte de totems proto-alphabétiques » ! 

 

UNE PEINTURE PROTÉIFORME

 

L’exposition « Urban Jealousy », située dans la droite ligne des précédents travaux présentés par la galerie marrakchie – on songe au duo show en compagnie de Carlos Mare en 2016 ou à l’expo personnelle « Indigo Dub » en 2013 –, convoquera ainsi différents supports chers à l’artiste. Des peintures sur toile, « à taille humaine » précise-t-il, dialogueront avec des bas-reliefs composés de bois de cagettes récupérées et de cuivre, « un des premiers alliages travaillés par l’homme, le métal conducteur par excellence », tient-il à ajouter. Ces pièces, en cours d’élaboration, sont façonnées avec l’aide de ses amis dinandiers qui exercent dans la Kasbah de Marrakech. Le peintre grapheur et calligraphe opère rarement seul. Son métier premier, c’était la rue. […]

 

Olivier Rachet

 

Vincent Abadie Hafez, .Urban Jealousy., David Bloch

Gallery, Marrakech, du 6 octobre au 5 novembre 2017.

 

 

L'article est à retrouver dans son intrégralité dans le numéro 40 de Diptyk, en Kiosque.

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