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Nuits photographiques d’Essaouira : un palmarès (trop) consensuel ?

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Pour sa quatrième édition, les Nuits photographiques d’Essaouira invitent deux photographes confirmés et présentent une scène internationale éclatée.

Créées il y a quatre ans en collaboration avec le Festival de Pierrevert en France, les Nuits photographiques sont aujourd’hui dirigées par une équipe renouvelée et dynamique, sous la houlette de Hakim Benchekroun, lauréat de l’édition 2017. Pas de changement radical pour cette nouvelle édition qui a sélectionné une cinquantaine de photographes dont le travail a été montré, en plein air, samedi 5 octobre.

Le palmarès a récompensé trois photographes à l’esthétique relativement consensuelle : le Grand prix du Jury décerné à une quasi-unanimité à Simon Vansteenwinckel pour la série Platteland, une plongée vertigineuse en noir et blanc dans des contrées inconnues de la Belgique contemporaine. Une Mention Spéciale pour la série quelque peu trash Sixmille de la photographe belge Sarah Lowie et le Prix «Un certain regard » qui entend récompenser un projet innovant, décerné cette année au germano-marocain Christian Mamoun pour la virtuosité de son montage vidéo.

Sarah Lowie, Sixmille

On regrettera toutefois que n’aient pas été récompensées des propositions plus en lien avec les réalités du continent africain et de l’espace méditerranéen, notamment celle du photographe marrakchi Hamza Ben Rachad dont les mises en scènes inquiétantes nous ont particulièrement séduits. Dans sa série Unwanted skin de simples masques et autres sacs en plastique disent l’empêchement au quotidien. Coup de cœur aussi pour la série Attente de l’algérien Youcef Senous. Un huis-clos sur la vulnérabilité du désir masculin qui a suscité quelques remous dans le jury.  Autre révélation : Out of control de l’algérois Mohamed Fouad Nemmache où un accident de voiture devient prétexte à une réflexion sur les impacts d’une violence qui est aussi celle de l’Histoire.

On a également beaucoup aimé Persefornia et Rwandan youth de Youness Miloudi et Seif Kousmate dont le regard admirablement documenté a pu réveiller un public frigorifié. Deux artistes étaient cette année mis à l’honneur : Hans Silvester et Khalil Nemmaoui, parrain de l’évènement, qui s’est vu gratifier de tirages dignes de ce nom pour son exposition  On the road, composée de petits formats intimistes dont le penchant à la nostalgie nous séduits depuis longtemps.

Olivier Rachet

Christian Mamoun
Hamza Ben Rachad, Unwanted skin.
Hamza Ben Rachad , Unwanted skin
Seif Kousmate, Randwan youth.
Youcef Senous, Attente
Mohamed Fouad Semmache, Out of Control.
Khalil Nemmaoui, On the road
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