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[Work in progress] Dans l’univers rétro-futuriste d’Aïcha Snoussi

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Lauréate du prix SAM 2020 décerné par le Palais de Tokyo pour soutenir des projets artistiques extra occidentaux, l’artiste tunisienne développe une fiction rétrofuturiste sur l’engloutissement d’une mystérieuse civilisation.

Avec UNDERWATER تحت الماء , qui fera l’objet d’une exposition au Palais de Tokyo en 2022, Aïcha Snoussi entend brouiller les repères temporels. La plasticienne se métamorphose en archéologue « faisant émerger à la surface, une civilisation future disparue sous les eaux ». Dans la lignée de ses précédents travaux qui, tous, créent des fictions mâtinées de dystopie, elle constitue un inventaire d’objets glanés au Bénin, à Tunis ou dans les marchés de la diaspora, qu’elle transforme et se réapproprie pour une immersion dans cette civilisation disparue. Une métaphore, selon l’artiste, « des cultures minoritaires effacées par l’histoire officielle ». Comme Joan Fontcuberta, créateur génial d’herboriums et de bestiaires imaginaires, il est question chez Snoussi d’interroger, par le biais de la fiction, nos représentations et leur part de mystification. Tandis que Fontcuberta détourne joyeusement le langage de la photographie documentaire, Aïcha Snoussi se joue des codes de l’anthropologie pour dresser en creux une critique des discours dominants imbibés de patriarcat.

Dans Undefined Scrolls présenté en 2018, elle crée une narration autour de mystérieux rouleaux dont certains archéologues attribuent la création à une société de féministes radicales ou, selon d’autres, à une bande de faussaires hystériques… Elle s’amuse, Aïcha Snoussi, et nous embarque sans préavis dans son univers rétrofuturiste, créant ses propres codes qui tous évoquent une forme d’envahissement : celui de formes organiques et tentaculaires dans ses œuvres, mais aussi l’envahissement d’une pensée dominante qui renvoie à la marge tout ce qui lui est étranger. Alors Snoussi déterre et dissèque les artéfacts de communautés fictives qui mettent à nu les mécanismes de domination. Eux, bien réels.

Emmanuelle Outtier

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