Avec Michel Nachef, un pan de la mémoire photographique marocaine disparaît

« Ce pays est une œuvre d’art qui s’ignore. » C’était un amoureux du Maroc. De ses médinas et de ses moussems qu’il n’a eu de cesse de photographier pendant 50 ans. Le photographe libanais Michel Nachef est mort à l’âge de 84 ans.

Dans la veine de la photographie humaniste, Michel Nachef a été l’un des premiers photographes professionnels non-occidental à capturer des moments de vie du Maroc post-Indépendance. Étranger, il l’était certes. Pourtant, grâce à ses influences multiculturelles, il a su développer une photographie loin de toute approche orientalisante.

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Michel Nachef en 2011.

Le Maroc populaire chevillé au corps

Venu une première fois au Maroc en tant que professeur de français et d’arabe à Salé, ce n’est qu’après plusieurs détours qu’il en viendra à la photographie. En travaillant  sur le projet « Repères de la mémoire » initié par la Direction de l’Architecture qui voulait actualiser ses archives architecturales, il devient spécialiste. Un hasard ? Il confiera plus tard que son goût pour la photographie d’architecture lui venait de son père, maçon.

Mais Michel Nachef se passionne aussi pour la culture populaire qu’il sent en passe de disparaître. Et c’est sans doute pour cela qu’il est si important dans l’histoire de la photographie marocaine. Nachef laisse derrière lui de précieuses archives, notamment sur  les moussems qui deviennent son sujet de prédilection. « Les moussems …, l’époque de ma vie où j’ai réalisé que les photographies sont une reproduction exacte, structurée dans son ensemble, sans rien perdre du lieu et de l’époque, de toute l’activité humaine, confie-t-il en 2009 à l’artiste Sylvie LE SEAC’H qui a publié leurs conversations. J’ai éprouvé alors le sentiment très fort que je devenais archiviste comme un témoin fidèle, que j’archivais une mémoire qui n’appartenait pas qu’à moi seul mais qui était partagée par beaucoup. »
La rédaction

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©Michel Nachef

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©Michel Nachef

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©Michel Nachef

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©Michel Nachef

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Moussem de Bouselham qui a depuis disparu – ©Michel Nachef

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