[ COP22 ] La beauté du diable

C’est une étrange mise en regard que propose la galerie Tindouf dans le sillage de la COP22 en exposant deux séries totalement différentes du célèbre photographe allemand Hans Silvester. L’une, réalisée dans les années 1980 pour être publiée dans les grands magazines Géo ou Stern, capture des instantanés malheureusement durables de la déforestation, de la surexploitation agricole et de pollution de la terre, de l’air et de l’eau, principalement en Europe et au Brésil. L’autre, conduite de 2004 à 2016, saisit au contraire les tableaux éphémères des joutes de beauté que pratiquaient avant l’introduction récente des miroirs les enfants de la vallée de l’Omo, en Ethiopie, avant chaque saison des pluies. Si la beauté des peintures corporelles et des parures est confondante, nulle innocence, toutefois, de « paradis perdu » – ces enfants de pasteurs étant fréquemment armés de kalachnikovs au lieu de javelots. C’est donc de l’une à l’autre de ces deux séries un même souci de documenter le réel, une même acuité du regard, une même empathie pour la condition humaine car enfin en détruisant son environnement, en se faisant la guerre ou en tournant le dos à ses héritages culturels, c’est lui-même que l’homme assassine. 

 

« Hans Silvester : Passion Écologie »

Galerie Tindouf 22 Boulevard Mohamed VI Marrakech
Du 12 Novembre au 20 Décembre 2016

Corinne Cauvin Verner 

[ COP22 ] La beauté du diable
Griffin, 2017, encre de chine et poudre noire sur papier, 200 x 150 cm
[ COP22 ] La beauté du diable
© Nabil Ayouch Exposition photo »A la marge » à la galerie 38
[ COP22 ] La beauté du diable
©VictorRaison_Tafeta Gallery 1-54 London 2016
[ COP22 ] La beauté du diable
Atelier de dessin avec les étudiants à Bandjoun Station, Cameroun. © Bandjoun Station
[ COP22 ] La beauté du diable
La Sammlung Boros (3 000 m2)

À la une

Vue de la Somerset House lors de la 14e edition de 1-54 Londres

1-54 Londres : l’effet tremplin

Treize ans après sa création, la foire 1-54 a-t-elle réussi son pari ? Pensée comme une plateforme de visibilité internationale pour les galeries et artistes...

Vue du stand de La Loft Art Gallery, Frieze Masters 2026. © David Owens

Londres, hub des modernismes arabes et africains

À Londres, Frieze Masters et 1-54 accordent une place croissante aux modernismes arabes et africains longtemps marginalisés par l’histoire de l’art occidentale. Au-delà de leur...

Vue de l'installation Hold de Tarek Atoui à la Tate Modern. © Tate Photography / Yiil Liu.

Des sons pour les yeux las : Tarek Atoui à la Tate Modern

Dans le Turbine Hall de la Tate Modern, l’artiste libanais Tarek Atoui déploie Hold, une installation sonore immersive dont notre auteure Vamika Sinha livre une...

Toni Maraini enseigne l’histoire de l’art à l’École des beaux-arts de Casablanca, 1965. Photo : Mohamed Melehi, courtesy des archives Toni Maraini.

Toni Maraini, aux avant-postes de la modernité marocaine

L’historienne et critique d’art Toni Maraini, qui enseigna aux Beaux-Arts de Casablanca de 1964 à 1972, est à l’honneur de la 47e édition du Moussem...